ART | EXPO

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12 Jan - 02 Mar 2013
Vernissage le 11 Jan 2013

Plurielle par ses matériaux, la production de Sarah Derat allie une justesse et une maîtrise de formes à une réflexion sociétale qui s’articule autour de la violence de l’image médiatique et des relais qu’elle trouve sur la toile et les réseaux sociaux.

Sarah Derat
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Pour sa première exposition monographique à Nantes, l’artiste Sarah Derat présente un nouvel ensemble de sculptures et une édition inédite.

3734 Likes, œuvre éponyme au titre de l’exposition, reprend les réactions d’internautes face à des affaires judiciaires où la condamnation semble trop faible. En parallèle, une série de sculptures en acier mordu à l’acide chlorhydrique et laiton prolonge les commentaires de ces jugements en une langue schématique ou au contraire étayée, toujours douloureuse pour le spectateur.

Sarah Derat traite également de la mort comme procédure judiciaire –Closer to the Sun-. Une lettre du tueur en série John Wayne Gacy, acquise par Sarah Derat, complète cet accrochage.

Face à ces œuvres à la facture lisse, harmonieuse et désirable, le public se confronte à leur réalité contextuelle et à la violence qui en émane. Sarah Derat refuse toute posture scandaleuse ou sensationnelle: «J’insiste fortement sur l’idée de mon retrait, être dogmatique me terrifierait. C’est au spectateur ensuite de faire son propre chemin à travers mes sculptures.»

Plus qu’une accusation, l’artiste dévoile une relecture de notre culture contemporaine et de ses éléments, qui attisent émotions et interrogations.

«Les œuvres de Sarah Derat peuvent revêtir la forme d’installations, de vidéos, de sculptures mêlant des matériaux mixtes, ou encore de lithographies.

Malgré ces mises en scène élaborées, l’effet spectaculaire n’est jamais une fin en soi, l’artiste préférant y opposer une poésie retenue, personnelle et sincère, où transparaît le regard tour à tour ironique, décalé, mélancolique qu’elle porte sur notre monde, nos hantises, nos rêves inavoués, nos blessures et nos propres failles.

L’œuvre de Sarah Derat repose ainsi sur une mise en regard, dévoilant les mécanismes régissant les images, les virus et les mythes qui peuplent chacune de nos journées les plus ordinaires, mais également, et peut-être encore plus, révélant les rapports ambivalents que chacun de nous entretient avec cette réalité déformée.» (Anais Grateau)