DANSE | SPECTACLE

21 pornographies

16 Jan - 16 Jan 2020
Vernissage le 16 Jan 2020

La chorégraphe Mette Ingvarsten s'empare de siècles de pornographie pour en exposer sur scène, dans son spectacle 21 pornographies, l'ambivalence intrinsèque, entre excitation et frustration, plaisir et douleur, désir et dégoût.

La chorégraphe et danseuse danoise Mette Ingvartsen élabore depuis 2014 un cycle de spectacles intitulé The Red Pieces qui explore la sexualité dans une optique socio-politique. 69 positions (2014) et 7 plaisirs (2015) s’inscrivaient dans une perspective de libération du corps et de sa jouissance. Le spectacle 21 pornographies (2017) retrace quant à lui l’évolution de la pornographie et montre son omniprésence dans notre société.

21 pornographies : les ambiguïtés de la pornographie

Seule sur scène, nue, Mette Ingvartsen relate l’histoire de la pornographie par les mots et les mouvements. Elle invoque successivement des références à la littérature libertine du Marquis de Sade, aux premiers films pornographiques réalisés légalement au Danemark suite à leur dépénalisation en 1967 ou aux tortures sexuelles présentes dans la pornographie de guerre. S’enchaînent et se répondent la lecture de descriptions narratives et l’interprétation de gestes chorégraphiés.

Peu de ses mouvements dépeignent explicitement un acte sexuel, mais ils en reflètent l’essence ambiguë, entre excitation et cruauté, jouissance et violence, rires et larmes. Ainsi, le plaisir se teinte de douleur et le désir laisse place au dégoût. Le spectacle met à jour l’ambivalence d’une libération sexuelle pervertie par les relations de pouvoir et les crimes qui découlent de ses abus.

21 pornographies : l’enracinement de la pornographie dans la société

Les réflexions de Mette Ingvartsen prolongent celles que Susan Sontag avait menées en 1964 sur l’extension de la pornographie à d’autres domaines de nos existences. 21 pornographies montre sur scène que le cercle vicieux de l’excitation et de la frustration déborde désormais la simple industrie du porno pour rejoindre l’univers de la publicité ou du journalisme. L’image érotique du corps ne sert plus seulement à susciter le désir sexuel, il vise également à stimuler la consommation et à capturer l’attention. Le spectacle fait ainsi état de l’enracinement profond d’une logique pornographique au sein de la société.