PHOTO | EXPO

2000-2007

07 Fév - 23 Mar 2014
Vernissage le 07 Fév 2014

Fasciné par l’Amérique et l’image qui en est montrée en Europe, Peter Granser interroge son influence culturelle et politique sur la société de loisirs. A travers ses photographies, il nous offre une vision décalée et parfois même absurde de ces symboles qui sont censés incarner une société.

Peter Granser est un photographe de l’absurde. Dans ses œuvres, il nous présente une vision humoristique et décalée des petits travers de notre société. Son œuvre questionne l’influence des Etats-Unis sur l’Europe, que ce soit dans ses influences politiques ou sa culture populaire. Quelles conséquences cette fascination imprime-t-elle sur la société de loisirs?

D’origine autrichienne, Peter Granser est fasciné depuis son plus jeune âge par l’Amérique et l’image qui en est montrée en Europe, faite de cowboys et d’indiens, d’étendues à perte de vue et de culture pop. Son premier voyage le mènera jusqu’à Sun City, sorte de ville «paradisiaque» pour retraités, où des milliers d’américains passent le temps et la fin de leur vie. Il nous fait alors découvrir un univers totalement artificiel, coupé du monde, entre orgueil et décadence, entre consumérisme et artificialité, entre euphorie et isolement.

Dans The Pursuit of Happiness: Aux portes de New York, il ne reste de Coney Island que le spectre d’un lieu mythique, où errent nostalgiques et «freaks» à la recherche d’une idée perdue, cette même idée que poursuivent les Elvis Tribute Artists, ces hommes et ces femmes qui pour quelques heures se débarrassent de leur identité pour personnifier le King. Pour les Deutsche Cowboys, pas besoin d’être en Amérique pour vivre son rêve américain. Avec tentes, chevaux et calèches familiales, ils retrouvent le temps d’un week-end l’idée de la liberté et d’appartenance à une communauté.

Au fil des années, l’artiste partira à la recherche de ces symboles censés incarner une société, comme dans Austria où le photographe aborde avec humour les clichés relatifs à son pays d’origine. Dans son projet le plus récent, il plonge au cœur de l’Amérique conservatrice. Au Texas, il trouvera un univers où la promesse du rêve américain contraste avec la réalité du territoire. Tandis que dans Signs, les phrases des panneaux qui émaillent le paysage prêchent un monde meilleur, plus riche et plus joyeux, un univers symbolique qui semble aujourd’hui anachronique et inatteignable.