DANSE | SPECTACLES

13 Tongues

12 Fév - 15 Fév 2020
Vernissage le 12 Fév 2020

Les chimères et fantômes du plus ancien quartier de la capitale taïwanaise envahiront la scène du Palais de Chaillot, au cours du spectacle 13 Tongues du chorégraphe Cheng Tsung-lung. Folklore traditionnel, spiritualité taoïste et modernité digitale se mêlent pour rendre hommage aux légendes urbaines de Bangka.

La compagnie Cloud Gate a été fondée en 1973 par Lin Hwai-min, avec la volonté de forger l’identité culturelle nationale de Taïwan dans le domaine de la danse contemporaine. Reconnu en Asie comme dans le reste du monde, Cloud Gate a réussi son pari. En 2019, Lin Hwan-min a passé le flambeau de la direction artistique de la compagnie au chorégraphe Cheng Tsung-lung. Ce dernier présente son nouveau spectacle, 13 Tongues, au Palais de Chaillot.

13 Tongues : danser pour ranimer les spectres de Bangka

La vocation de chorégraphe de Cheng Tsung-lung lui vient de la compréhension que concevoir une danse constitue un acte créatif similaire à celui du développement d’une histoire. Dans 13 Tongues, il rend ainsi hommage aux récits que lui narrait sa mère. Le titre de son dernier spectacle fait référence à l’un d’eux : celui d’un conteur et artiste de rue, appelé « Treize langues » en raison de ses capacités d’imitation.

On raconte en effet qu’il savait incarner tous les personnages de Bangka, le plus ancien quartier de la capitale taïwanaise. 13 Tongues mêle ainsi les souvenirs d’enfance du chorégraphe à l’ambiance urbaine de Bangka, de ses rues animées et de son folklore. Les onze danseuses et danseurs font revivre, cette fois-ci par leurs mouvements, les fantômes et esprits errants du vieux quartier.

13 Tongues : entre modernité et tradition taïwanaises

A l’image du quartier de Bangka, les danseurs oscillent entre l’ancien et le nouveau monde, entre le folklore et le digital. Ils revêtent successivement d’amples tuniques noires puis des habits fluorescents qui rappellent les néons des villes. Derrière les gestes ondulants du corps de ballet, une gigantesque carpe nage lentement, projetée contre le mur, reflétant ses couleurs vives sur les tenues des danseurs.

La musique d’influence électronique composée par Lim Giong côtoie tout au long du spectacle les mantras et rites taoïstes repris par les danseurs. Cheng Tsung-lung poursuit ainsi le travail engagé par son prédécesseur dans l’élaboration d’un art chorégraphique qui représente la culture et la réalité taïwanaise.