ÉCHOS
01 Jan 2002

07.10.05. FIAC : l’art retourne en enfance

Lassés de la réalité ou insécurité dans un monde adulte, les artistes retombent en enfance. Cette tendance s’observe d’un stand à l’autre sur l’ensemble de la foire et chaque médium véhicule un parfum de fausse innocence.

Le hall 4 est parsemé d’œuvres inspirées par l’univers enfantin. Peluches, bouées multicolores, bonhommes en polystyrène sont les matières premières de sculptures aux couleurs vives et amusantes.
En peinture, les références aux bandes dessinées, aux mangas et aux super héros de science-fiction sont omniprésentes.
Le style «travaux manuels» est également très populaire et se fait ressentir dans la sculpture et le dessin.

Ce retour en enfance se confirme dans le hall 5 où certains galeristes ont transformé leur stand en univers acidulé, un espace de jeux pour les artistes.
Monstres intergalactiques, portraits d’enfants, objets extirpés du cadre de l’enfance sont pris dans une farandole faussement joyeuse.
Jeux d’enfants, perversion d’adultes : il va sans dire que les dessins, les installations, les photographies, les collages sont bipolaires.
Trouvant leur substance dans un passé de naï;veté, les œuvres hésitent entre
innocence et dépravation, entre douceur et pulsion de mort.

Le langage «adulte » ne serait plus approprié pour exprimer les pulsions, les interrogations, les doutes ressentis durant la pré-adolescence et qui continuent de hanter les individus.
Cette possibilité rassurante de retourner dans un univers innocent avec de nouvelles armes et d’y imposer ses lois est une manière d’éviter la réalité, tendance générale et on ne peut plus actuelle.

Natalia Grigorieva

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