ÉCHOS
01 Jan 2002

04.10.08. Jacques Chirac : l’ambassadeur de la diversité culturelle

En visite à Hanoï;, le Président Jacques Chirac a plaidé en faveur de la diversité culturelle et vivement condamné l’hégémonie américaine dans ce domaine.

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Profitant d’un débat avec des élèves et des étudiants, organisé au centre culturel français d’Hanoï;, il a répété que « les biens culturels n’étaient pas des biens comme les autres et qu’ils ne pouvaient pas s’échanger comme des biens industriels, commerciaux ou agricoles » (Reuters).
Le discours, semblable aux nombreux prononcés à Doha, vise surtout à défendre l’idée d’une charte sur la diversité culturelle, actuellement en discussion à l’UNESCO. Cette charte est primordiale pour l’Etat français qui rencontre d’extrêmes difficultés pour défendre son exception culturelle au sein de l’Union Européenne. Pour exemple, la France est pressée d’autoriser avant 2006 la publicité, émanant des éditeurs de livres et d’ouvrages divers, sur les chaînes publiques. Le droit de prêt dans les bibliothèques a déjà été mis à mal et il n’y a qu’un pas vers le contrôle du budget consenti au Ministère de la Culture ainsi que les diverses missions et objectifs auxquels il s’est engagé de répondre.
Citons, en vrac, les enjeux premiers : la gratuité de visite dans les musées nationaux pour les moins de 18 ans, l’inaliénabilité et imprescriptibilité des collections nationales, les prérogatives des institutions culturelles à « mener des actions d’éducation visant à rendre accessible la culture au plus grand nombre » (loi Label Musée de France – janvier 2002)
La charte sur la diversité culturelle de l’UNESCO devrait, par contre, permettre à la France de défendre ses intérêts culturels selon le concept de la subsidiarité : une charte ou loi a été signée avec de nombreux pays et la France ne peut rompre ses engagements préalables. Encore faut-il que les pays signent et ils n’ont pas forcément les mêmes priorités. D’où l’intérêt de ce voyage furtif au pays du soleil levant.
Il est dur de vouloir être en tête de l’Union européenne et, en même temps, devoir protéger son exception culturelle. Jacques Chirac a trouvé la solution : s’adresser à la communauté internationale. C’est d’une logique flagrante !

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