ART | EXPO

Video Ergo Sum

14 Fév - 28 Mai 2017
Vernissage le 14 Fév 2017

L’exposition « Video Ergo Sum » présente au Jeu de Paume une rétrospective de l’œuvre de Peter Campus. Des installations vidéo, photographies et vidéos retracent des années 1970 à aujourd’hui le parcours de ce pionnier de l’art vidéo.

L’exposition « Video Ergo Sum » au Jeu de Paume met à l’honneur l’œuvre de Peter Campus, photographe américain qui fut l’un des pionniers de l’art vidéo. Cette première monographie française qui lui est consacrée présente l’ensemble de sa production, de ses premières installations vidéo réalisées dans les années 1970 jusqu’à ses récentes expérimentations en vidéo numérique.

Peter Campus, pionnier de l’art vidéo avec les installations vidéo en circuit fermé

Le parcours se divise en deux parties. On suit ainsi la progression des œuvres de Peter Campus : des installations à la vidéo dans la première partie et de l’évolution vers la photographie au retour à la vidéo dans la seconde.

L’exposition s’ouvre sur les œuvres de Peter Campus créées au cours de la période la plus déterminante de sa carrière : les années 1970. C’est à cette époque que Peter Campus réalise des installations vidéo en circuit fermé. Ces dispositifs innovants tels qu’Optical Sockets ou Interface reposent sur la transmission instantanée de l’image électronique et sont activés par le visiteur qu’ils confrontent à des doubles de lui-même, temporellement et spatialement dissociés. Ils mettent ainsi en jeu la perception et la conscience de soi. Leur enjeu est donc autant conceptuel que technologique : ils constituent en effet de véritables expérimentations dans le domaine psychologique et cognitif.

Aux côtés de cinq installations en circuit fermé sont présentées dans la première partie presque toutes les vidéos réalisées par Peter Campus de 1971 à 1976. Dans ces œuvres telles que Dynamic Field Series, Double Vision, Three Transitions ou encore R-G-B, sont de courtes expérimentations à travers lesquelles Peter Campus dissèque le processus de la vision et de la perception et explore les questions de dédoublement, de dimension d’une image multiple et d’épaisseur de la surface.

De la vidéo à la vidéo en passant par la photographie

Une dizaine d’œuvres de Peter Campus sont réunies dans la seconde partie de l’exposition qui couvre la période des années 1980 à aujourd’hui : des photographies, des vidéos numériques et une installation commandée par le Jeu de Paume pour l’exposition. Deux photographies de visages d’acteurs réalisées en studio en 1978 et 1979, Untitled (Woman’s Head), 1978 et Untitled (Man’s Head), puis une série de quatre photographies de pierres isolées sur un fond noir et très agrandies, marquent le passage à un travail davantage ouvert sur le monde extérieur.

Les photographies illustrent une phase d’abandon de la vidéo avant que Peter Campus s’y intéresse à nouveau, à partir de 2007, par le biais du numérique et de la haute définition. Dans les œuvres A Wave et Barn At North Fork, le numérique est exploité dans sa matérialité même, le pixel étant utilisé comme une touche picturale pour obtenir un effet d’abstraction unique. L’installation vidéo Convergence d’images vers le port, réalisée pour le Jeu de Paume, a été tournée en ultra haute définition. Le port de Pornic est filmé en un seul plan fixe, sans montage, constituant ce que Peter Campus désigne comme des « vidéographies », des créations entre vidéo et photographie. Projetées pendant huit minutes, sans effets ni son, sur les quatre murs d’une grande chambre noire, les images nous plonge dans un monde de sensations propice à la contemplation.