DANSE | SPECTACLE

Festival d’Automne | Jamming With Spiders

26 Oct - 14 Déc 2018

Entre performance, art et science, Tomas Saraceno dialogue avec les araignées. Au Palais de Tokyo, il livrera trois performances inédites, trois Jamming With Spiders. Pour une incursion expérimentale, musicale et soyeuse dans l'univers vibratile des danseuses architectes.

Dans le cadre de sa carte blanche au Palais de Tokyo, « On Air », l’artiste argentin Tomas Saraceno propose également trois arachno-concerts, trois Jamming With Spiders. Soient trois Jam sessions cosmiques, à retrouver en partenariat avec le Festival d’Automne 2018. Installations, performances, concerts… Tomas Saraceno cultive une œuvre pluridisciplinaire. Architecte de formation, son attention aux espaces intègre toutes les formes de vie contribuant au lieu. Araignées incluses. Et quand Tomas Saraceno travaille avec des araignées, c’est pour mieux apprendre de leur expérience. Il est ainsi la première personne (artiste, ingénieur, architecte ou naturaliste) à avoir scanné et reproduit les habitats tridimensionnels et suspendus d’araignées tisseuses. À ce jour encore, il possède la seule collection existante de toiles d’araignée tridimensionnelles. Et lorsqu’il convie publics, musiciens et araignées à un arachno-concert, c’est pour mieux offrir une expérience de vibrations chorégraphiques.

Jamming With Spiders de Tomas Saraceno : trois arachno-concerts au Palais de Tokyo

Performance d’écoute et d’observation, il se peut que les araignées et leurs toiles se mettent à danser au sein du Palais de Tokyo. Tandis que les publics sont invités à déambuler, écouter et observer ce qui vibre et danse. Lorsque Tomas Saraceno a initié ce travail entre musiciens et arachnides, la vibration a servi de point de contact. Avec une recherche autour du calibrage des fréquences les plus à même de permettre un dialogue inter-espèce. Si certaines araignées ont une vue perçante (avec huit yeux, comme les araignées sauteuses), d’autres sont quasi-aveugles. Du moins voient-elles par le toucher. Les araignées tisseuses (à l’instar des Tegenaria ou des Lycosa) sont ainsi particulièrement sensibles aux vibrations. Et l’enjeu du travail de Tomas Saraceno consiste notamment à trouver les différentes fréquences de communication. Celles qui induisent des réactions. Que les araignées s’immobilisent pour écouter, ou qu’elles répondent par le déplacement, le tissage.

Trois performances vibratiles inédites : danses d’araignées et de fils de soie

Pour sa carte blanche au Palais de Tokyo, Tomas Saraceno livrera trois performances inédites. La première session de Jamming With Spiders prendra ainsi corps avec le musicien expérimental américain Alvin Lucier. Composé pour l’évènement, avec Heartbeats to the Moon Concert Alvin Lucier jouera pour les araignées et la lune. La deuxième session sera celle d’Evan Ziporyn, compositeur et directeur du Centre d’Art du MIT (Massachusetts Institute of Technology), avec The Spider’s Canvas. Pour cette pièce, les musiciens joueront dans la toile d’araignée, en l’utilisant comme une sorte de partition. Quant à la troisième session, elle prendra les traits du Concerto pour arachnides d’Eliane Radigue. Privilégiant les basses fréquences (voix, saxophone, clarinette basse…), Eliane Radigue livrera une suite de sa série Occam Ocean. Avec l’espoir de susciter des réactions chez les araignées, pour une création conjointe. Et que dansent les araignées ou les fils de soie, ces trois arachno-concerts seront exceptionnels.