DANSE | SPECTACLE

The Roots

21 Mar - 21 Mar 2017

La Filature présente The Roots de Kader Attou, un spectacle sur les origines du mouvement hip-hop, mettant en avant la diversité des styles de ce genre artistique et musical.

Pièce pour onze danseurs créée en 2013, et présentée lors du festival Suresnes cités danse cette même année, The Roots a connu un succès immédiat, devenant un spectacle marquant et incontournable de la danse hip-hop.

The Roots : récit de décennies

The Roots est d’abord une pièce autobiographique et une monographie, celle de la danse hip-hop. Autobiographique, elle semble décrire le parcours tout personnel de Kader Attou qui a fait l’expérience de divers apprentissages artistiques, du cirque à la danse hip-hop. Les racines évoquées par le titre même du spectacle sont tout autant celles de Kader Attou que du type de danse dont The Roots se veut l’illustration exemplaire.

Car The Roots donne à voir la nature même du hip-hop : une danse de rue dont la virtuosité technique maîtrisée répond en quelque sorte à une existence malheureuse. Comme le remarque Kader Attou : « (…) le hip-hop comme le cirque relèvent de la performance, de la prouesse technique. Le hip-hop est une danse qui ne stagne jamais. » La chorégraphie de The Roots semble ainsi vouloir concentrer sur scène l’intensité propre à cette danse. Kader Attou a surtout souligné l’origine du mouvement, l’expression d’une gestuelle d’apparence nerveuse, saccadée, et acrobatique et qui, pourtant, ne peut se réduire à ces seules apparences. Et Kader Attou précise : « The Roots est une aventure humaine (…) on peut danser selon la même technique, on reste tous différents. J’ai travaillé sur la notion de masse. Elle m’interroge depuis des années. Comment existe-t-on au sein d’une masse ? »

The Roots

Autobiographie et monographie, The Roots se présente comme un récit prenant la forme sur scène d’une suite de tableaux. Assis dans un fauteuil, un jeune homme actionne un tourne-disques dont s’échappe une chanson, « Sydney casquette à l’envers », du nom de l’animateur d’une émission télévisée des années quatre-vingt entièrement consacrée au hip-hop. Si le jeune homme paraît d’abord songeur, il prend conscience du temps passé : il avait alors dix ans et son père était ouvrier dans l’industrie automobile. La biographie apparaît avant de laisser place à une autre histoire, celle de la danse hip-hop. Derrière le jeune homme, apparaissent des danseurs esquissant des gestes de breakdance, de smurf, d’electric boogie, et de popping. Ces gestes sont autant de références au passé récent d’un style de danse apparu dans la rue et désormais reconnu à part entière.

De manière frappante, The Roots conjugue l’effervescence technique parfois vertigineuse du hip-hop et la lenteur volontaire, calculée, des mouvements des danseurs, suggérant que cette danse peut aussi être recherche d’un équilibre, et non simple et seule succession de figures variées. Sur scène, selon le souhait de Kader Attou, les danseurs forment ainsi un ensemble dont l’unité est portée par les particularités de chacun : chacun a son style, son physique, ses caractéristiques techniques et danse son propre hip-hop.