DANSE | SPECTACLE

Street Dance Club

27 Jan - 29 Jan 2017
Vernissage le 27 Jan 2017

Le festival « Suresnes cités danse » présente Street Dance Club, un spectacle d’Andrew Skeels qui fait revivre la danse des clubs noirs américains des années 1920-1930, tout en créant son propre univers chorégraphique et musical.

A la demande de « Suresnes cités danse », Andrew Skeels ouvrait en 2016 ce même festival en présentant Street Dance Club. Chorégraphe d’origine américaine et danseur des Grands Ballets Canadiens, Andrew Skeels se révèle être inclassable. Rompu à la danse classique, ce dernier n’a pas hésité à embrasser d’autres formes de danses telles les claquettes et le hip-hop, et pratiquer le jazz. De cet éclectisme affirmé est née Street Dance Club, une pièce de hip-hop que reprend Andrew Skeels lors de l’édition 2017 de « Suresnes cités danse. » En compagnie du compositeur et musicien de jazz Antoine Hervé, Andrew Skeels fait revivre la période des années folles à Harlem.

Des années Harlem à Street Dance Club

Dans l’entre-deux guerres, une véritable effervescence culturelle saisit les grandes villes européennes et américaines. A Paris, les quartiers Montmartre et Montparnasse en deviennent les symboles puisqu’ils accueillent les avant-gardes artistiques. Fait nouveau, la « culture nègre » connaît un succès fulgurant. Joséphine Baker, Sydney Bechet et leur Revue nègre se font ainsi entendre à Paris, et les afro-américains font de Harlem un lieu de création artistique, musicale notamment. Les revues du Cotton Club attirent à la fois une population noire et blanche que ne détourne pas la ségrégation raciale ni la crise économique. On vient écoiuter Count Basie, Duke Ellington, Cab Calloway et Louis Armstrong ; de nouvelles formes de danse apparaissent telles les claquettes, le charleston, et le Lindy hop.

Street Dance Club

C’est certainement un tel état d’esprit qu’Andrew Skeels et Antoine Hervé de faire revivre dans Street Dance Club. Pour créer cette pièce, Andrew Skeels a choisi sept danseurs et danseuses hip-hop aux styles différents puisque des genres comme la l’électro, le break, le krump, ou la house dance sont représentés. Solos, duos, trios ou danses de groupes composent Street Dance Club et se succèdent sous forme de séquences.

Street Dance Club met donc en scène au travers de celles-ci la singulière apparition d’une « nouvelle communauté » d’individus unis par la danse et la musique. Ici, les combinaisons dansées font sentir l’évolution d’un groupe qui ne cesse d’inclure et écarter des individus à la fois semblables et différents. Des pyramides de danseurs, des vagues de gestes et des mouvements décalés, expriment ainsi cette incessante recomposition soutenue par la musique originale d’Antoine Hervé. Celui-ci s’est employé à restituer l’ambiance musicale de l’époque en réorchestrant les thèmes de partitions de jazz devenues classiques. Duke Ellington et Billie Holiday se font entendre, et Antoine Hervé souligne tout à la fois leur virtuosité et leurs difficultés propres. Par la danse et la musique, Street Dance Club unit le passé au présent, la musique des années folles à la gestuelle saccadée des danses urbaines contemporaines.