ART | EXPO

Sculptures

12 Sep - 21 Oct 2006
Vernissage le 09 Sep 2006

Jean-Michel Pradel Fraysse persiste dans cette dénonciation-fascination d’un monde violent à travers l’ensemble des ses œuvres: des sculptures «zoomorphiques» qui en disent long sur la nature humaine.

Sculptures de Jean-Michel Pradel Fraysse

Cet artiste avait été très remarqué il y 4 ans déjà avec ses sculptures de Pitbulls. On voyait alors une meute de chiens de garde argentés, grandeur nature, qui vous dévisageaient, leurs laisses dressées comme un point d’interrogation. Toute la force de ces sculptures résidait dans cette injonction qui rappellait ô combien ces animaux féroces avaient dû être matés pour devenir le plus proche compagnon de l’homme.

Jean-Michel Pradel Fraysse a poursuivi ses recherches sur les animaux en créant des auto-portraits où d’autres têtes animales sont venues se croiser à son propre visage. De Chardin à Pompon jusqu’au chien-jouet de Koons, la tradition est longue des artistes qui ont su utiliser le règne animal pour mieux décrire à la fois notre propre espèce et le monde qu’elle a engendrée.

Car comment mieux dire notre enfermement que d’accepter de nous museler à l’instar des canidés, comment mieux dire la violence sourde d’une société que de «photographier» par le bronze ces cousins dressés. Singer pour mieux comprendre cette homogénéisation du monde qui s’accompagne toujours de sa domestication.

Jean-Michel Pradel Fraysse persiste dans cette dénonciation-fascination d’un monde violent à travers l’ensemble des ses œuvres. Becs des oiseaux comme armes de défense qui sortent du mur comme des pointes de couleurs, immense rhinocéros de bronze qui semble s’engloutir en même temps que sa corne de cire se consume ou encore ces armes de bois, factices et démesurées comme les totems d’une espèce violente et conquérante, l’homme.

Sans mièvrerie et avec force, cet artiste dénonce. Peut-être que son véritable auto-portrait est ce cœur sculpté comme un massacre de chasse. Trophée d’un monde où chasser ou se défendre apparaissent comme les seules alternatives.

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Natalia Grigorieva sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Jean-Michel Pradel-Fraysse

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