DANSE | SPECTACLE

Paysage-mouvement. Du geste à l’empreinte : l’acte créateur

26 Nov - 26 Nov 2017

Avec Paysage-mouvement, trois artistes conjuguent leurs arts et expériences pour créer une performance-sculpture-danse-musique. Caroline Chopin, Sarah Nouveau et Samuel Allain livrent ici une pièce explorant, en acte, les processus créatifs à plusieurs. De l’énergie à l'empreinte, de l'intention à la créature, la force du collectif imprime sa marque, pour un moment unique et fécond.

Quel meilleur endroit que le musée du LAAC de Dunkerque pour la performance Paysage-mouvement. Du geste à l’empreinte : l’acte créateur ? Avec sa singularité et son parc de sculptures, le LAAC offre un cadre idéal pour une création sculpturale dansée, explorant les passerelles entre mouvement et empreinte. Au menu : la translation entre le geste et la matière, la mise à nu du processus créatif qui informe et forme. Interdisciplinaire et collective, Paysage-mouvement offre ainsi une performance-sculpture-danse-musique. La sculptrice Caroline Chopin, la chorégraphe et danseuse Sarah Nouveau et le musicien Samuel Allain conjuguent leurs talents pour creuser ensemble le commun de leurs arts. À savoir les passages entre énergie et matière, les modalités de transformation et conservation des énergies créatrices, en créatures et formes.

Paysage-mouvement : une performance-sculpture-danse-musique

Volonté de représenter et saisir les processus créatifs, Paysage-mouvement s’articule en cinq tableaux. À savoir : L’inspiration ; L’entrée en matière ; Capturer la pose ; Accordons-nous ; Aboutissement. La danse et la musique ont l’habitude de jongler avec les partitions, mais la sculpture ? Ici, c’est une sculpture en train de se faire, un geste sculptural qui se spatialise et s’élance. Comme une naissance par étapes, Performance-paysage cartographie son déroulé. Et du planifié au vécu, elle débusque cette insaisissable étincelle que courtisent les trois artistes, Sarah Nouveau, Caroline Chopin et Samuel Allain. C’est-à-dire le moment où l’intention devient forme, où le désir s’actualise en créature, bordée d’ombres. Avec la performance Paysage-mouvement, la danse, la musique et la sculpture explorent ainsi la fécondité des interdisciplinarités créatrices.

Caroline Chopin : la sculpture et ses gestes

Caroline Chopin est sculptrice. Ou pour la citer : « Je sculpte le grès cérame, sa rudesse réveille mes instincts et me parle de vie. Je travaille l’invention formelle, directement, sans préparatoire et mon expression est en constante évolution. Ma démarche est liée à mes questionnements spirituels. Qu’est-ce que l’énergie ? Est-ce ce qui nous relie à l’ensemble de l’univers ? L’énergie prédomine-t-elle sur la matière ?… Autant de questions qui sous-tendent ma recherche. Chaque sculpture commence par un geste, un mouvement instinctif qui va marquer la terre de son empreinte. Les formes émergent, animales, végétales et profondément humaines. La représentation qui en découle, est un réflecteur d’émotions ».

Sarah Nouveau : la danse et l’élan nomade

Sarah Nouveau est chorégraphe et danseuse. Elle a notamment créé la compagnie Le quadrille des homards (référence à Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll). Le quadrille des homards « soutient des créations chorégraphiques, en dialogue avec d’autres expressions artistiques ». Sarah Nouveau est une chorégraphe globalement nomade (Mexique, Inde, Japon, Chine, Israël-Palestine…) et pluridisciplinaire (danse contemporaine, chorégraphie, clown, arts traditionnels japonais, yoga…). Sa pratique déborde ainsi la seule danse contemporaine pour mieux embrasser le geste et les disciplines corporelles dans toutes leurs diversités. Entre apprentissage et transmission pédagogique (cours d’histoire de la danse aux Universités d’Evry et Lille), Sarah Nouveau fait circuler les énergies.

Samuel Allain : la musique plurielle

Samuel Allain est compositeur et musicien. Cultivant une pratique polymorphe, il a travaillé avec le compositeur Benjamin Dupé (Comme je l’entends), Thomas Nguyen (Suite pour ensemble vocal, machines et percussions), ou encore Anthonin Ternant (Angel & the Demoniacs). Artiste œuvrant en collectifs à géométries variables, Samuel Allain se nourrit d’interdisciplinarités fécondes. La création à plusieurs est loin d’être un processus mineur ou facile. Paysage-mouvement, en tant que performance-sculpture-danse-musique collective, promet ainsi d’explorer ce processus en acte et devenir. Une performance portée par un trio d’artistes, eux-mêmes traversés par des multitudes.