LIVRES

Richard Texier

Une peinture évoquée par les mots, ceux qui habitent le peintre et ceux captés ou choisis par l’écrivain, Daniel Pennac. Loin de l’essai critique, cette déambulation littéraire parmi les toiles de Texier se prête fort bien à ces peintures-cartographies de la terre et du grand large. Un moment de poésie en lieux imaginaires.

— Auteur : Daniel Pennac
— Éditeur : Flammarion, Paris
— Année : 2004
— Format : 26,50 x 26 cm
— Illustrations : nombreuses, en couleurs et en noir et blanc
— Pages : 383
— Langue : français
— ISBN : 2-080113216
— Prix : 60 €

Présentation

Peintre et sculpteur, Richard Texier s’est toujours inspiré de l’univers de la mer et des océans. Ses peintures sont habitées par les monstres et créatures imaginaires des mers. En 1993, il réalise une importante exposition à la Manufacture des œillets à Ivry. Peintre nomade, il a élu domicile à New York (2001), à la Villa Noailles à Hyères (1999), au phare de Cordouan (été 2003) et vient de réaliser une série de huit vitraux à l’abbaye de Trisay en Poitou Charente.

Ce livre est le fruit d’une rencontre, celle de Daniel Pennac avec Richard Texier. De leur complicité est né un texte inédit construit autour de vingt petits chapitres. Prenons un extrait à Cohérence : « Si variés soient-ils, les mots (chez Texier) disent un projet unique : la création d’une œuvre qui se nourrit de l’universel chaos pour y chercher une cohérence. Bien entendu, la cohérence n’est qu’un rêve. Bien entendu, chaque toile est une promesse de plénitude, un équilibre momentané, une approche (heureusement) inaboutie, qui laissera au creux de Texier le sentiment d’une insatisfaction nourrissante, l’appétit de la toile suivante, de la prochaine sculpture, d’une nouvelle série de gravures, — pour ne pas parler des vitraux, des tapisseries, des merveilleux petits livres d’encres réalisés aussitôt que conçus — l’incessant besoin d’aller plus loin, plus avant, plus ailleurs, plus complètement à la poursuite du grand rêve humain de l’insaisissable cohérence.
Tout ce que je sais de cette cohérence, moi, tient en ceci : ce langage ressemble à cet homme et cet homme ressemble à son œuvre ; comme l’univers dont il se préoccupe, il est en expansion. Et dans ce permanent bouleversement, chaque œuvre est une éclosion ».

Ou encore à Nommer : « Or, pour Texier, insatiable amoureux du vivant, un être, cela se nomme ; on donne un titre à une œuvre, pas un numéro : Islands, Mouvements de ciel, L’amour du large, Horizon atlantique, Terra incognita, La route des terres rouges, Mer ouverte, L’écart est mince entre la terre et l’océan, Le chemin de l’estuaire, L’océan de Cordouan, Les errances de Vasco, Les trois îles du moment, Pour croiser l’archipel, La théorie de l’estuaire
Pendant que je me laisse dériver sur la poésie de ces titres vagabonds, il me vient à l’esprit que « nommer » pour cet homme est la dernière étape d’une activité vouée exclusivement à la célébration de la vie. Bien sûr le titre suggère, évoque, parfois même raconte, mais avant tout il célèbre. Il ne célèbre pas l’auteur mais l’océan, l’horizon, la lumière, le chemin, le savoir, les navigateurs, les actes qui président à la création, la matière qui la constitue, la toile elle-même, la terre, le bronze, aussi bien que le papier des gravures où l’écrasante puissance des presses inscrit la délicatesse du trait… En un mot, Texier célèbre tout ce qui existe et qui concourt à la création ».

Cet ouvrage, retrace 30 ans de création — plus de 250 peintures et 100 sculptures sont ici reproduites — autour des deux grands thèmes de l’artiste : l’atlanticité et les compagnons d’aventures.

(Texte publié avec l’aimable autorisation des éditions Flammarion)

L’artiste
Richard Texier est né en 1955 à Niort, France.

L’auteur
Daniel Pennac est né en 1944 à Casablanca, Maroc. Écrivain, il a publié Au Bonheur des ogres, La Fée Carabine, Comme un roman, Messieurs les enfants, Le Dictateur et le Hamac