DANSE | SPECTACLE

L’après-midi d’un foehn

14 Mar - 17 Mar 2018

Spectacle jeune public, L'après-midi d'un foehn fait danser les imaginaires. Venue du jonglage, la chorégraphe Phia Ménard cultive une pratique habitée par l'étonnement. Pièce pour un interprète, un marionnettiste, L'après-midi d'un foehn convoque les vents et la poésie des sacs plastique.

Dans la proximité immédiate du spectacle Vortex, Phia Ménard reprend sa pièce L’après-midi d’un foehn. Spectacle jeune public (dès 4 ans), L’après-midi d’un foehn joue aussi avec le vent. Au centre d’un cercle composé de huit ventilateurs silencieux, des marionnettes en sacs plastique ondulent et dansent. L’interprète (Cécile Briand ou Silvano Nogueira) fait danser l’air et apparaître des personnages poétiques. Et ce, sur une composition sonore créée par Ivan Roussel, d’après l’œuvre de Claude Debussy, L’après-midi d’un faune. Entre chorégraphie, jonglage, installation et performance, L’après-midi d’un foehn appartient au cycle des Pièces du Vent, au fil d’un processus créatif centré sur la manipulation de matières. Venue du jonglage contemporain, avec sa compagnie Non Nova, la chorégraphe Phia Ménard développe un processus de recherche singulier. À savoir I.C.E., pour Injonglabilité Complémentaire des Eléments. Un travail qui s’ouvre sur l’exploration, du jonglage avec de la glace au domptage du vent.

L’après-midi d’un foehn de Phia Ménard : un spectacle jeune public, avec le vent

Pièce chorégraphique pour un.e marionnettiste et des marionnettes, L’après-midi d’un foehn, joue avec le nom d’un vent. Le faune de Claude Debussy devient ainsi la faune, le foehn. Un vent européen, plutôt fort, sec et chaud, prégnant dans les zones montagneuses. Et comme tous les vents forts, il est réputé influer sur les humeurs. Ce que l’architecte Vitruve n’ignorait pas lorsqu’au Ier siècle avant notre ère, il préconisait déjà (De Architectura) de construire villes et rues en tenant compte des différents couloirs éoliens. Jouant sur cette influence invisible, la chorégraphe Phia Ménard déploie ainsi une pièce qui rassemble ventilateurs, sacs plastique, manteau, paire de ciseaux, rouleau d’adhésif, parapluie… Dans l’espace tourbillonnaire créé au centre de la scène, dans l’œil du vortex, les figurines s’animent et dansent. La partition réunit des touches impressionnistes de L’après-midi d’un faune, Nocturnes et Dialogue de la Mer et du Vent.

Marionnettes, marionnettiste, vent tourbillonnaire et poésie des sacs plastique

Propulsés par les courants d’air, les figurines, du prosaïque sac plastique, deviennent individualités poétiques et ondoyantes. Au gré des vents et phénomènes thermiques, naissent danseuses étoiles, corps de ballet, dragon… Tout un monde de songes qui explore le lien entre le créateur-marionnestiste et créature-marionnette. Dans une danse où l’autonomie et la liberté se laissent apercevoir. De même que les forces qui impulsent du mouvement, sans contact physique apparent. Tourbillon de plastique, le regard s’accroche aux formes fragiles et gonflées, sans trop savoir où elles iront. Même la plus grande maîtrise, la plus grande dextérité, ne permettent pas de contrôler intégralement les trajectoires des éléments. Avec L’après-midi d’un foehn, Phia Ménard ouvre ainsi une fenêtre sur l’acceptation de l’imprévu. Sur ces degrés de liberté qui peuvent faire toute la différence, en laissant une place à de l’aléatoire. Qui à son tour permet poésie et magie.