ART | EXPO

Matisse et Picasso, la comédie du modèle

23 Juin - 29 Sep 2018
Vernissage le 23 Juin 2018

L’exposition « Matisse et Picasso, la comédie du modèle » au Musée Matisse de Nice réunit plus de cent-cinquante œuvres, dessins, peintures, sculptures, gravures, ainsi que  divers documents, correspondances, catalogues d’exposition, revues et films, illustrant l’histoire de leur relation entre amitié et rivalité qu’ont entretenue ces deux figures majeures de l’art du XXe siècle.

L’exposition « Matisse et Picasso, la comédie du modèle » au Musée Matisse de Nice revient à travers plus de cent-cinquante œuvres sur la relation entre amitié et rivalité qu’ont entretenue les deux artistes.

Henri Matisse et Pablo Picasso, une relation entre amitié et rivalité

Les œuvres d’Henri Matisse et de Pablo Picasso, deux des plus grandes figures artistiques du XXe siècle, ont rarement été réunies : elles n’ont pas été présentées ensemble depuis 2002, lors de la grande manifestation « Matisse-Picasso » qui se déroula à Londres, New York et Paris. Le choix du Musée Matisse de revenir sur le dialogue entre les deux créateurs est d’autant plus pertinent que c’est à Nice et dans ses environs, notamment à Vallauris et à Vence, que les deux hommes se côtoyèrent à partir des années 1940 et que l’atelier d’Henri Matisse au Régina, où Pablo Picasso lui rendait visite, est situé à quelques dizaines de mètres seulement.

Le titre de l’exposition, « Matisse et Picasso, la comédie du modèle », reprend les termes de « comédie du modèle » utilisés par Louis Aragon dans son ouvrage Henri Matisse, roman. Il souligne combien la question du rapport entre le peintre et son modèle fut centrale dans la réflexion qu’ont menée les deux artistes autour des thèmes de la représentation du corps et de l’acte créateur.

Le parcours s’ouvre sur un  ensemble de cinquante photographies d’Henri Matisse et de Pablo Picasso saisis dans leur environnement par des grands noms de la photographie tels qu’Henri Cartier-Bresson, Brassaï, Lucien Clergue, Hélène Adant ou Dora Maar. Ces clichés révèlent la grande similitude entre les lieux de vie et de création des deux artistes, entourés par de vastes espaces éclairés et par un bazar organisé, constitué d’objets et d’œuvres de diverses époques. On y observe également les échanges d’œuvres et les dons qui ont émaillé leur relation. L’exposition s’organise ensuite en quatre parties thématiques intitulées « Projeter », « Transformer », « Convoiter » et « Posséder ».

Matisse et Picasso, la comédie du modèle  : le rapport entre le peintre et son modèle, une question centrale

La première partie, « Projeter », s’attarde sur la question de la projection du corps de l’artiste dans l’acte pictural, question centrale pour Henri Matisse et Pablo Picasso qui n’ont cessé d’interroger la nature de l’acte perceptif. L’artiste n’est pas pour eux un simple regard mais le vecteur d’une perception multisensorielle impliquant l’ensemble du corps. Cette notion se manifeste par une mise en abîme de l’artiste en train de peindre, comme dans l’Autoportrait peint par Henri Matisse en 1918. Ces jeux de miroir impliquent également le modèle, en tant que double du peintre.

Dans la partie « Transformer » est abordé l’intérêt d’Henri Matisse et de Pablo Picasso pour les arts primitifs, qui permettent de se libérer de la représentation classique du corps. L’un et l’autre laissent libre cours à la métamorphose du matériau et accordent une attention particulière aux techniques qui reposent sur cette transformation, comme la sculpture, la gravure, le dessin sériel et les photographies d’état.

La relation du peintre à son modèle, qu’il soit réel pour Henri Matisse ou imaginaire et rêvé pour Pablo  Picasso, s’affirme dans la partie « Convoiter » comme la transposition d’un corps physiquement intériorisé par l’artiste. Enfin, sous le titre « Posséder », se dévoile le duel créatif dans lequel les deux artistes se sont lancés autour des sujets mythologiques. A un ensemble autour du thème de Nymphe et faune et à dix-sept calques autour du thème de l’Etreinte pour une édition du Florilège des amours de Ronsard, réalisés par Henri Matisse, répondent les eaux-fortes de la Suite Vollard de Pablo Picasso ou encore la peinture sur fibrociment une Joie de vivre, à forte ascendance matissienne.