ART | EXPO

oe

31 Mai - 21 Juil 2018
Vernissage le 31 Mai 2018

L’exposition « oe » à la galerie parisienne Marcelle Alix dévoile une nouvelle installation et une vidéo d’Aurélien Froment inspirées par les tapisseries de l’Apocalypse. De la corde au film en passant par la tapisserie, l’artiste continue à explorer la construction des histoires et des formes.

L’exposition « oe » à la galerie Marcelle Alix, à Paris, présente un ensemble d’œuvres d’Aurélien Froment à travers lesquelles celui-ci poursuit son entreprise de déconstruction et d’exploration des histoires et des formes.

Exposition « oe » : installation et vidéo d’Aurélien Froment

Les nouvelles réalisations d’Aurélien Froment prennent appui sur des œuvres existantes, en particulier les célèbres tapisseries de l’Apocalypse, représentation de l’Apocalypse datant de la fin du XIVe siècle et conservée au château d’Angers. Sous la forme de sculptures textiles, d’installations ou de vidéos, la pratique d’Aurélien Froment exprime une analyse performative des œuvres préexistantes et vise à décomposer et souligner la progression du geste vers la forme et inversement.

L’espace de la galerie est entièrement occupé par une surprenante installation intitulée One qui se poursuit de pièce en pièce : des cordes teintées et ponctuées de nœuds, du plus simple au plus élaboré, sont tendues des murs aux plafonds où elles sont fixées, générant ainsi une vaste structure de cordes à l’agencement apparemment aléatoire.

Aurélien Froment, de la corde au film en passant par la tapisserie

De nœuds en formes murales quasi sculpturales, les cordes se tendent, pendent du plafond, s’enroulent sur le sol, se croisent… L’ensemble évoque la vision démesurément agrandie d’un travail de tissage ou de tapisserie. Plus loin, la vidéo Apocalypse vient confirmer cette association : Aurélien Froment y montre les deux faces de la tenture de l’Apocalypse qui possède une face décolorée par le soleil et un verso intact car préservé de la lumière, deux faces aussi lisible l’une que l’autre puisque la tapisserie présente la particularité d’avoir été tissée « sans envers ». En réunissant les deux côtés et leur différence de coloration sur une seule image, Aurélien Froment met en lumière la matérialité de l’objet et le rapport de celle-ci à son histoire.

La vidéo d’Aurélien Froment réunit également, outre ces versions visuelles de la tapisserie, des versions sonores, sous la forme d’une lecture de textes de Jean-Pierre Brisset, écrivain a publié au début du XXe siècle des interprétations du récit de la révélation qui a inspiré la tapisserie. Cet enregistrement rééquilibre l’analyse de la tapisserie en refusant de la réduire à sa seule matérialité. Subtilement, des correspondances se révèlent : les entrelacs de cordes matérialisent la genèse de la tapisserie mais leur teinte qui varie graduellement de l’une à l’autre, évoque les fondus enchaînés des films, version moderne des tapisseries.