DANSE | SPECTACLE

La maladresse

15 Fév - 16 Fév 2018

L'Atelier de Paris propose une soirée double programme, avec deux créations explorant chacune le couple archétype / désordre : La maladresse et Hymen hymne. Avec La maladresse, la chorégraphe Mylène Benoit livre un solo de danse contemporaine en forme d'exploration poétique des mouvements involontaires.

Avec Le spectacle de danse contemporaine La maladresse, La chorégraphe Mylène Benoit (Cie Contour Progressif) livre une pièce autour de la dyskinésie. Qu’est-ce que la maladresse ? Le fait de produire des gestes inadéquats, anormaux, involontaires (dyskinésie), peut-être. En tout état de cause, le fait de produire des gestes en décalage avec les attentes sociales. Interprétée par la danseuse Célia Gondol, La maladresse plonge dans les archétypes de la bienséance, et leurs contraires. Pièce dansée et musicale, La maladresse inclut également un rapport au chant, à la voix. Avec notamment le duo de compositeurs Nicolas Devos et Pénélope Michel (Cercueil/Puce moment). Travail en cours d’élaboration, La maladresse à vocation à devenir une pièce double. À terme, le spectacle se composera de deux volets. D’une part, le trio réunissant Célia Gondol  et les musiciens de Cercueil/Puce moment. D’autre part, le quatuor Gikochina-sa (La maladresse), pour lequel le danseur japonais Atsushi Heki viendra s’adjoindre au présent trio.

La maladresse de Mylène Benoit : une exploration en acte des gestes involontaires

Mylène Benoit est artiste plasticienne et chorégraphe. Elle cultive une pratique de la danse et de la performance qui explore les rapports entre mouvements corporels et injonctions sociales. Autrement dit, le poids de la société dans le maintien des corps individuels, notamment. Une pratique réflexive qui passe aussi par des performances interactives impliquant les publics (comme Votre danse). En 2017, Mylène Benoit est lauréate de la Villa Kujoyama. C’est donc à Kyoto (Japon), qu’elle a également poursuivi le développement du projet La maladresse, en tant que réflexion dansée sur les tics et inadéquations gestuelles. Comme autant d’échos potentiels à des contextes socioculturels définis, spécifiques ou non. Éléments de désordre, suscitant rires ou agacements, les gestes maladroits jonchent le quotidien. Inexpérience enfantine, gestes brusques, pieds écrasés, sursaut réflexe, maladie de Parkinson entrainant une perte progressive de la maîtrise des gestes (dyskinésie)… Le spectre de la maladresse est large.

Un processus chorégraphique en devenir : la maladresse, entre physiologie et culture

Le prochain volet du spectacle, Gikochina-sa (La maladresse), avec les danseurs Célia Gondol et Atsushi Heki, interviendra dans le courant du mois de mai 2018. Cultivant la forme du double (double danseurs, double musiciens, doubles cultures…), La maladresse esquive néanmoins l’écueil de n’être qu’un envers du « bon geste ». Comme l’exprime Mylène Benoit : « Il ne s’agit pas de se référer au geste virtuose, mais au contraire, de fabriquer une poétique, une langue des mouvements involontaires, de ceux que le corps produit malgré lui. » La maladresse s’empare ainsi des gestes associés aux maladies nerveuses, pour mieux plonger dans l’intensité, la singularité, de ces dyskinésies. En interrogeant par exemple le fait que les mouvements involontaires puissent être calmés en regardant à travers un filtre bleu. Processus en devenir, La maladresse promet de l’étonnement.