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Mois de la photo. En chair et en os

20 Avr - 18 Juin 2017
Vernissage le 20 Avr 2017

L’exposition « En chair et en os » à la Maison européenne de la photographie propose de redécouvrir la première démarche artistique de Gloria Friedmann : la série photographique Autoportrait, série n°1, une remise en question provocatrice des codes de représentation du corps féminin. Le premier acte d’une œuvre engagée et humaniste qu’accompagne une sculpture figurative réalisée pour l’occasion.

L’exposition « En chair et en os » à la Maison européenne de la photographie, organisée dans le cadre du mois de la photo du grand Paris, revient sur la première série photographique de Gloria Friedmann, accompagnée pour l’occasion d’une sculpture inédite.

« En chair et en os » : Gloria Friedmann met en scène son corps

L’œuvre de Gloria Friedmann, artiste autodidacte et pluridisciplinaire, s’inscrit parfaitement dans le thème du corps et de ses représentations auquel la Maison Européenne de la Photographie consacre sa saison actuelle. L’exposition se concentre sur la première démarche artistique de la plasticienne d’origine allemande : la série Autoportrait, série n°1, réalisée en 1979.

Dans un contexte marqué par le cinéma, la domination de l’art américain, l’esthétique minimale, la succession de mouvements picturaux comme la figuration libre et le néo-expressionisme, et par le développement de l’in-situ, naît l’œuvre de Gloria Friedmann. Alors mannequin de mode, celle-ci décide de prendre la place du photographe et devient son propre modèle, dans des mises en scène intimistes. C’est ainsi par une pratique qui mêle photographie et performance que débute une carrière artistique protéiforme qui aborde aussi bien la sculpture que la photographie, le dessin, la peinture, l’installation et la vidéo.

Gloria Friedmann renverse les codes de représentation du corps féminin

Les photographies de la série Autoportrait, série n°1 renversent de façon humoristique et provocante les codes qui régissent traditionnellement la représentation du corps féminin. Pour cela, Gloria Friedmann utilise son propre corps nu comme élément de la composition photographique. Cette dernière résulte d’une mise en scène au sein de pièces vides de bâtiments abandonnés où elle installe son appareil photographique Nikon sur un pied avant de régler la distance et la vitesse. Son corps y côtoie, en interaction ou non, les objets les plus banals du quotidien : des postes de télévision, un ventilateur, des bandes de papier toilette, un seau en plastique, des journaux, des œufs…

Les clichés en noir et blanc sont ensuite retravaillés par Gloria Friedmann à la peinture à l’huile pour élaborer un univers très coloré et intense dont le rendu évoque les tirages sépia de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième, à la mode du pictorialisme. S’ils ressemblent parfois à des photographies en couleur, quelques anomalies rappellent qu’ils n’en sont pas : les cheveux sont roses, la peau violette, les reflets dans un miroir bleutés. Ce choix singulier de colorer des tirages noir et blanc alors qu’existe la pellicule couleur permet à Gloria Friedmann d’explorer les modes de représentation et de suggérer une critique décalée de notre société.