DESIGN | EXPO

Rotolandosi, Au fil du verre

24 Jan - 10 Mar 2019
Vernissage le 24 Jan 2019 à partir de 18:00

Convoquant l'Inde et l'Italie à Yzeure, dans l'Allier, la designer Marie-Aurore Stiker-Metral a réalisé une série de pièces en verre, en guise de projet de résidence. Des pièces actuellement présentées à la Galerie Surface, sous le titre "Rotolandosi, Au fil du verre".

La designer d’objets Marie-Aurore Stiker-Metral cultive une attention particulière aux procédés qu’elle met en œuvre pour réaliser ses pièces. Ses études de philosophie et voyages — études, résidences (en Italie, au Japon…) — ne sont probablement pas étrangers à ce soin. Diplômée de l’ENSCI (École nationale supérieure de création industrielle), son travail conjugue fonctionnalité et sens de l’investissement humain. Avec des pièces sobres, pragmatiques dans leur utilité, mais qui ne renoncent pas pour autant à avoir des histoires à raconter. À l’instar du projet qui lui a valu de remporter les Audi Talent Awards, en 2010. Soit une exploration des « techniques domestiques » (couture, broderie, tressage, tissage…). Une exploration qui aura ensuite pris les traits d’une lampe, Pénélope, à monter soi-même. Cette fine attention à la dimension humaine dans la fabrication de l’objet affleure dans l’exposition « Rotolandosi, Au fil du verre », à la Galerie Surface.

« Rotolandosi, Au fil du verre » : Marie-Aurore Stiker-Metral à la Galerie Surface

Projet de résidence réalisé dans l’atelier verre du Lycée Jean Monnet (2017), la série Rotolandosi s’inspire des bracelets en verre portés par certaines femmes indiennes. Et faisant résonner la ville verrière de Firozabad (État de l’Uttar Pradesh) dans celle d’Yzeure (département de l’Allier), Marie-Aurore Stiker-Metral compose ainsi des verres aux enroulements et stries colorés. Tandis que l’Italie s’invite également à l’improbable fête, par le biais des techniques vénitiennes. Donnant ainsi leur nom à la série, Rotolandosi [en s’enroulant]. Entre bras métalliques (mandrins) et bras de femme, les pièces de la série Rotolandosi sont parées de fils de verre coloré. Sans exubérance, elles se font l’écho de ces bracelets de verre portés jusqu’à ce qu’ils se brisent. Rappelant ainsi le souvenir contrasté d’une ville pauvre, mais pleine de bracelets éclatants et multicolores. Ne gardant de cette impression de décalage que la texture, Rotolandosi assume ses allures de pièces fabriquées à la main.

Quand l’Italie et l’Uttar Pradesh font une incursion à Yzeure : le verre et ses techniques

Entre symétrie et décalage, chaque pièce garde une dimension expérimentale. Unique. Avec une simplicité qui n’est pas sans évoquer les pièces de la marque Veréco des années 1960. Ce côté vintage du verre trempé coloré, auquel viendrait s’adjoindre la dimension ornementale des bijoux. Et à mi-chemin entre la parfaite industrialité Veréco (incassable) et la bigarrure des bracelets de verre indiens (portés jusqu’à ce qu’ils se cassent), Rotolandosi tient l’équilibre. Avec des pièces (verres et vases) diversement colorées, autour desquelles s’enroulent et s’étirent des fils. Recouvrant parfois l’intégralité de l’objet par encerclement ; ou formant parfois une transversalité pouvant servir de poignée. Série étonnante, Rotolandosi reflète néanmoins ce qui fait la solide singularité des créations de Marie-Aurore Stiker-Metral. À savoir des pièces minimalistes et fonctionnelles sachant entretenir une étincelle ludique par leurs couleurs acidulés et motifs discrets.