ART | EXPO

L’Écart absolu, Les Cosmogonies

04 Fév - 26 Mar 2017
Vernissage le 04 Fév 2017 à partir de 14:00

L’exposition collective « L'Écart absolu, Les cosmogonies » au Quadrilatère à Beauvais est envisagée comme un lieu d'essai. Les espaces se construisent et se déconstruisent peu à peu, comme une forme à organiser sans cesse. Privilégiant l’expérience sur le site, une cinquantaine d'œuvres se côtoient et expérimentent une organisation commune à la frontière du design, des arts plastiques, des arts décoratifs et des arts appliqués.

« L’Écart absolu, Les Cosmogonies » est la première étape d’un cycle de trois expositions réunies sous le titre générique « L’Écart absolu » de février à septembre 2017. Le titre est emprunté à l’urbaniste Charles Fourier et à l’exposition des surréalistes présentée à la galerie L’Œil en décembre 1965. L’exposition du Quadrilatère expérimente un mode d’organisation de l’architecture déterminé par les relations avec les œuvres afin de déconstruire les frontières entre les catégories admises de l’art, et l’idée qu’il existerait un support exclusif réservé à un type de représentation unique. Plusieurs œuvres développent des liens existant entre sculpture, peinture, architecture et espace quand d’autres révèlent la porosité entre art et artisanat.

Abolir les frontières entre les disciplines

L’exposition débute par le Bistanclaque de Dominique Mathieu. C’est autour de cette œuvre que se construisent les rencontres, que les liens se créent et que de nouvelles coutumes s’expérimentent. Lieu de palabres, le Bistanclaque met en dialogue l’espace public et privé en accueillant des activités de bureau, de repas, des activités publiques au cœur de l’espace d’exposition. Structure meublante inspirée du métier à tisser des Canuts lyonnais du XIXe siècle, son nom est une onomatopée et fait référence au bruit produit par les métiers à tisser, installés au cœur de l’espace de vie des tisseurs. En continuité avec l’histoire de la ville de Beauvais et du Quadrilatère (ancienne Galerie nationale de la tapisserie) l’œuvre rappelle les relations à la tapisserie et à l’artisanat d’art.

Ouvrir un dialogue entre les œuvres et l’architecture du lieu

Nicolas Chardon inscrit sa peinture comme un geste architectural et compose avec les espaces monumentaux des galeries haute et basse du Quadrilatère. En écho avec la topographie du lieu, et dans la continuité de ses recherches, il atteste que les formes héritées du modernisme historique sont aujourd’hui encore valides. En interrogeant l’architecture et la représentation picturale, son travail tisse des généalogies affectives et relatives.

Pour la première fois en France, Muro Ciudad Juàrez de Teresa Margolles, résonne au Quadrilatère pendant la totalité du programme et des trois expositions. L’œuvre établit un dialogue inédit entre les vestiges antiques présents dans le lieu et un patrimoine artistique contemporain. Composée de blocs de béton de douze mètres de long avec des traces de balles (issues des fusillades liées au crime organisé), cette œuvre examine les causes et les conséquences sociales de la mort, en particulier à Mexico, dans le pays où l’artiste vit.

Le Quadrilatère se réinvente

De février à septembre 2017, le Quadrilatère se réinvente, articule des liens entre les arts, devient le terrain de sensibilités différentes et d’expressions heureusement contradictoires. C’est grâce à cette expérience de «L’Écart absolu» comme principe d’intervention au monde que le Quadrilatère préfigure un état d’esprit, une programmation et un lien avec son territoire.

La deuxième étape « Le règne de l’harmonie » (27 avril-25 juin) rapprochera et facilitera les relations entre les époques depuis le baroque jusqu’à aujourd’hui à travers des œuvres monumentales.

La troisième étape « Le nouveau monde amoureux » (01 juillet-17 septembre) s’autorisera d’être le témoin des changements de fonctionnement du lieu et proposera des repères pour les projets à venir.

Commissaire de l’exposition et responsable du Quadrilatère: Tiphanie Dragaut-Lupescu