ART | EXPO

Le Degré zéro des images

14 Jan - 18 Mar 2017
Vernissage le 13 Jan 2017 à partir de 19:30

L’exposition « Le Degré zéro des images » réunit au centre d’art L’Onde, à Vélizy-Villacoublay, des œuvres de Patrick Corillon. A travers des objets, vidéos, dessins et un film d’animation, l’artiste belge tente de révéler la part d’imaginaire qui est liée à la visite d’un lieu d’art.

L’exposition « Le Degré zéro des images » présentée au centre d’art L’Onde, à Vélizy-Villacoublay, rassemble plusieurs œuvres de Patrick Corillon. Des objets, vidéos, dessins et un film d’animation réalisés par l’artiste belge qui, à la fois plasticien et auteur, avait depuis dix ans déserté les lieux dédiés à l’art contemporain pour se consacrer au domaine des arts vivants, incluant ses objets et autres réalisations plastiques dans des performances et des spectacles musicaux.

De quoi est constitué l’air d’un lieu d’art ?

Une question se pose en fil rouge de l’exposition : de quoi est constitué l’air que nous respirons dans un espace d’exposition ? Cette interrogation a priori fantasque sert à Patrick Corillon de prétexte pour rendre palpable la part d’inconscient et d’imaginaire qui nous habite lorsque nous visitons un lieu d’art. Dans seize vitrines sont exposés des objets réalisés ou collectés par Patrick Corillon qui portent les traces de cet invisible : des clous auxquels étaient accrochés des tableaux et qui en ont gardé / qui en sont restés comme imprégnés, des cimaises, encore vibrantes des mots des cartels qu’elles soutenaient, ou encore des particules de peinture qui se sont détachées de tableaux particulièrement irradiant, les ont cernés de leur nuage et demeurent en suspension dans l’air.

Une combinaison entre fictions littéraires et installations plastiques

Au fil du parcours se déploient ainsi des objets tirés du lieu d’exposition qui sont autant de pièces à conviction, mais aussi des textes qui ont valeur de témoignages, tous concourant à cerner ce que la visite d’une exposition d’art fait naître d’intangible. L’exposition s’inscrit dans la démarche transdisciplinaire de Patrick Corillon qui depuis presque trente ans construit une œuvre faite de sculptures, de photographies, de vidéos, de textes et de spectacles musicaux et d’art vivant. Au cœur de cette œuvre : la parole, la mémoire. Une fois encore, l’artiste cherche à révéler l’esprit d’un lieu et à retracer toutes les histoires qui y sont liées, en s’appuyant sur une combinaison de fictions littéraires et d’installations plastiques. Les réalités absentes mais suggérées font émerger des images mentales.

Un film d’animation et des dessins d’Oskar Serti

Dans la Rue Traversante du centre d’art, une série de trente-deux dessins sont présentés comme signés par Oskar Serti, personnage fictif inventé par Patrick Corillon qui traverse son œuvre depuis environ vint ans. La vie de cet écrivain hongrois exilé aux Pays-Bas et mort à Amsterdam en 1959 a été déroulée par bribes, à travers des textes disséminés au fil des expositions. Enfin, dans l’espace La Boîte, le film d’animation Ulysson et les couleurs de lune raconte les aventures d’un poisson rouge qui a perdu ses couleurs et qui décide de sortir de son aquarium pour partir à leur recherche. Sa progression à travers une forêt aux allures de musée, peuplée d’œuvres d’art, devient une quête initatique au terme de laquelle il se connaît mieux et a retrouvé ses couleurs.