DESIGN | EXPO

Laque, le futur

10 Nov - 01 Déc 2016
Vernissage le 10 Nov 2016

L’exposition « Laque, le futur », organisée par la galerie Mizen Fine Art International, présente treize créations de l’un des laqueurs japonais actuels les plus réputés, Nagatoshi Onishi, et nous introduit à l'art délicat et complexe de la laque.

Urushi : ce seul nom pourrait résumer le contenu de l’exposition consacrée au maître laqueur japonais Nagatoshi Onishi qui se tient à la galerie Mizen Fine Art International, puisqu’il désigne à la fois l’arbre dont la sève est extraite pour obtenir la laque et la laque elle-même. L’art de la laque, intransigeant et complexe, n’est autre que l’objet de cette exposition « Laque, le futur ».

Une technique ancestrale

Technique longtemps méconnue en Occident, la laque est l’une des plus anciennes. Datée de l’époque néolithique et née en Asie, elle est encore très présente dans plusieurs pays de ce continent comme le Japon, le Vietnam, ou la Chine. La laque a d’abord été une technique artisanale destinée à améliorer la vie quotidienne des populations asiatiques. Elle était en effet utilisée pour coller les objets et former une pellicule protectrice sur ces derniers.

Traditionnellement, la laque est appliquée sur le bois ou le bambou et doit lentement sécher à même ces matériaux. La technique de la laque, certainement complexe, est aussi expérience de la durée puisque le temps de séchage est nécessairement long, et doit se dérouler dans un endroit à l’abri de la poussière. D’un brun soutenu, la couleur naturelle de la laque peut être toutefois modifiée par ajout de pigments colorés, et peut donc être décorée, une fois sèche.

Bouleversement technique incontestable, la laque est devenue un art dans chaque pays asiatique. Ainsi a-t-elle pu connaître des développements particuliers selon les diverses adaptations de ses caractéristiques propres. La laque est désormais connue du grand public au travers de productions telles le bol Wajima du Japon, le tableau en laque poncée du Vietnam ou les meublés laqués fabriqués à une échelle industrielle en Chine.

La laque selon Nagatoshi Onishi

Le travail de Nagatoshi Onishi répond à d’autres exigences bien qu’intimement nourri de cette tradition artisanale ancestrale. Son style épuré sinon simple semble l’en éloigner. Mais on retrouve indéniablement une même précision, une même patience, associées à une recherche formelle aigue. Ses objets sont d’abord créés selon une technique particulière consistant à plonger dans un bain de laque les différentes pièces de matériaux qui vont le constituer. Une telle technique permet de donner libre cours à l’imagination de Nagatoshi Onishi car elle garantit l’extrême souplesse des matériaux utilisés, auxquels on peut par là-même donner indéfiniment forme. Les objets laqués d’Onishi ne sont pas décorés et apparaissent comme de pures formes monochromes, noires, rouges ou dorées librement inspirées des formes organiques naturelles. Et c’est une poésie des formes que composent les pièces uniques ici présentées.