ART | EXPO

La peinture autrement/2

26 Juin - 07 Nov 2011
Vernissage le 26 Juin 2011

Dans le cadre de l'évènement «L'art contemporain et la Côte d'Azur», l’exposition «La Peinture autrement» se divise en trois volets et retrace 60 ans de création. La deuxième partie, au musée national Marc Chagall, aborde quelques thématiques comme le tressage, la couture, la coulure ou encore les matériaux alimentaires.

Michel Blazy, Julien Bouillon, BP, Marc Chevalier, Dominique Figarella, Patrick des Gachons, Jean-Baptiste Ganne, Sandra Lecoq, Pascal Pinaud, Jérôme Robbe, Adrian Schiess, Cédric Teisseire, Wilson Trouvé.
La peinture autrement/2.

Le travail sur la couture, le patchwork, le tressage est l’une des voies explorées par les artistes pour questionner les données matérielles de la peinture. L’entrelacement de la trame de fils structure la toile, matériau de base du tableau de chevalet. Dans les années 70, les artistes se réapproprient les techniques artisanales ancestrales, dans un geste analytique de déstructuration du tableau.

Au sein de la génération suivante, et dans le souvenir des recherches de Supports/Surfaces, Sandra Lecoq tresse et coud ses chiffons d’atelier et des tissus multicolores en lieu et place du châssis et de la toile. L’utilisation de ces matériaux renvoie inévitablement aux activités considérées comme typiquement féminines (couture, tricot…), portée symbolique que Sandra Lecoq renverse en faisant de ses oeuvres des supports de messages féministes («Female wild soul»).

Dans la remise en cause des codes traditionnels de la peinture, la planéité du tableau, appréhendé dans sa matérialité, est souvent préférée à la construction d’un espace fictif par la perspective. De même, les jeux de coulures, qu’ils soient dirigés par l’artiste ou non, vont à l’encontre de la conception classique de l’oeuvre d’art où prime la maîtrise de la main de l’artiste. Les oeuvres du groupe BP par exemple jouent sur la fluidité de la matière. Mais à la place de la peinture, c’est une coulée de pétrole qui est utilisée aussi bien pour ses qualités de brillance que pour sa valeur symbolique. L’huile de vidange, alimentée en permanence par une pompe, glisse sur la surface.

De nombreux artistes ont aussi choisi de transformer la nourriture en une matière créative. Réputés impropres à la peinture par leur nature périssable, ces matériaux inhabituels ouvrent de larges champs à l’expérimentation formelle. La nourriture renvoie bien sûr à une action fondamentale, celle de la cuisine ou du repas qui rythme les journées de chacun. Pascal Pinaud, fait griller des aliments sur une tôle métallique qui, une fois le repas terminé, a été poncée et vernie pour être accrochée comme un tableau.