DESIGN | PORTRAIT

Kesaku Oshiro

19 Jan - 23 Jan 2018

Cultivant une harmonie de l'épure, le designer japonais et milanais Kesaku Oshiro va droit à l'essentiel. De la rencontre entre ses influences occidentales et orientales, il n'extrait que le nécessaire. Pour un dépouillement combinant valeurs formelles indémodables et légères modulations, capables de piquer la curiosité.

Dans un mois ouvrira l’édition janvier 2018 du Salon Maison & Objet. Grand rendez-vous bisannuel du design, Maison & Objet va une fois de plus remplir son rôle de prospecteur de nouvelles tendances. En proposant notamment l’événement « Rising Talent Awards Italy » [Prix des talents émergents – Italie]. La règle du jeu est simple : six designers célèbres choisissent six jeunes talents italiens. Quoi de neuf du côté du design transalpin, et du Made in Italy ? La réponse avec M&O Paris. Soit l’occasion de découvrir les pièces de Kesaku Oshiro, retenu par le designer de la sobriété et de l’épure Piero Lissoni.

Kesaku Oshiro : dépouillement et harmonie des formes essentielles

Natif d’Okinawa (Japon), le designer Kesaku Oshiro a étudié le Design industriel à l’École Polytechnique de Milan. Il a notamment travaillé avec le cabinet Lissoni Associati pendant une dizaine d’années avant de fonder son agence. Depuis 2010, il collabore notamment avec Ligne Roset. Son design est empreint d’harmonie, de sensibilité et d’intuition. Formes amples et légères, dépouillement du superflu, que ce soit en mobilier, en accessoires ou en objet, Kesaku Oshiro travaille avec le cœur de l’objet. Une simplicité indémodable, conjuguant les influences occidentales et orientales, pour aboutir à des formes essentielles. Le bois, le cuir, la terre cuite, le tissu, le métal… Qu’il s’agisse de tabourets ou de chaises, de canapés ou de pots de fleur, les lignes de Kesaku Oshiro sont sobres, élancées, équilibrées.

La modulation des formes les plus basiques pour générer un design de l’étonnement

Un exemple éloquent de cette quête de l’essentiel déjouant pourtant la monotonie : la pièce Clover Pot. Soit un pot en terre cuite en forme de trèfle, avec une coupelle en céramique émaillée blanc brillant. Éditée par Ligne Roset, Clover Pot s’apparente à une fusion harmonieuse de trois pot de fleurs ordinaires, en un. Et les ondulations de la terre cuite redonnent une élégance à cet objet pourtant banal. Autre élément édité par Ligne Roset : le miroir Belize. Un miroir au contour arrondi et d’apparence aléatoire, néanmoins contenu dans un cadre en noyer massif de forme orthogonale. Faisant ainsi du miroir une sorte de flaque verticale de lumière, une surface miroitante comme une goutte de mercure. Chaises en bois, poufs cintrés et ceinturées, fauteuils amples, tables à étagements, tabouret de cuir oscillant entre cheval d’arçon et à bascule… Kesaku Oshiro module les formes de base, pour mieux inventer de nouvelles essences.