ART | EXPO

Mordre la machine

26 Sep - 13 Fév 2019
Vernissage le 25 Sep 2018

L’exposition « Mordre la machine », au MAC de Marseille offre une sorte d’anthologie du travail de Julien Prévieux, connu notamment pour ses Lettres de non-motivation. Une vingtaine d’œuvres récentes et inédites, dessins, peintures, textes et sculptures, témoignent de son exploration, entre humour et révolte, de la transformation du monde en données et en information. 

L’exposition « Mordre la machine », au Musée d’Art Contemporain de Marseille, dévoile une vingtaine d’œuvres récentes de Julien Prévieux, qui explore la transformation du monde en données, notamment informatiques.

Mordre la machine : Julien Prévieux explore la transformation du monde en données

A travers une vingtaine d’œuvres récentes ou créées spécialement pour l’occasion, l’exposition « Mordre la machine », prend la forme d’une anthologie offrant une lecture spécifique du travail de Julien Prévieux. Elle souligne le caractère précurseur de la démarche du plasticien,  qui a ensuite inspiré toute une génération d’artistes explorant les transformations globales engendrées par Internet.

Le travail de Julien Prévieux s’intéresse à la notion de réseaux et à la double réalité qui la sous-tend : d’un côté une apparente fluidité dénuée d’obstacles, de l’autre, une réalité très concrète physique faite de câbles et de data centers. Ce sont les moyens de traduction entre les données informatiques et leurs mises en forme parfois artisanales qui est au centre de la recherche de Julien Prévieux.

Teintée d’humour absurde et d’un certain désir de révolte, la démarche de Julien Prévieux vise à décrypter le monde, en se consacrant en particulier aux domaines de l’économie, de la politique, des technologies de pointe et de l’industrie culturelle. Le parcours de l’exposition met l’accent sur les notions de programme et d’expériences, qu’ils soient économique, sociaux, informatiques ou architecturaux.

Julien Prévieux décrypte le monde, de l’économie à la politique et à la technologie

La série de dessins À la recherche du miracle économique utilise les textes qui ont fondé la pensée économique moderne en tant que supports de prédiction. Pour cela, Julien Prévieux a recours à une méthode de décryptage mise au point au Moyen Âge par les moines pour découvrir des sens cachés dans les textes sacrés. Ici, ce sont les marges du Capital de Karl Marx ou de Des principes de l’économie politique et de l’impôt de David Ricardo qui se retrouvent encombrées d’un entremêlement de mots-clefs, de traits, de flèches, patient travail de déchiffrage qui révèle, au lieu de miracle, une réalité faite de scandales financiers et de crises économiques.

La série de sérigraphies intitulée Anthologie des regards résulte de l’enregistrement par Julien Prévieux des regards portés par sept étudiants sur des œuvres des collections du MAC. L’artiste a recours pour cela à l’oculométrie, une méthode utilisée dans le marketing pour déchiffrer l’attention visuelle des consommateurs. Ici, le but n’est pas l’optimisation visuelle, mais la création de dessins géométriques qui acquièrent une valeur propre. Les œuvres initiales ne sont plus visibles qu’à travers les traces des pupilles qui les ont regardées.

La sculpture Have a Rest est une réplique d’un superordinateur conçu en 1977 pour la NSA, l’agence de sécurité nationale américaine en charge de l’analyse des communications et de la sécurité des systèmes d’information. Julien Prévieux transforme la machine en un simple meuble sur lequel les visiteurs peuvent se reposer, faisant de ce symbole technologique de la volonté de contrôle un objet artisanal vide de contenu.