DANSE | SPECTACLE

La jeune fille et la mort

09 Mar - 17 Mar 2017

Le Théâtre national de Chaillot présente La jeune fille et la mort des Grands Ballets Canadiens de Montréal. Chorégraphié par Stephen Thoss, ce spectacle s’attache à l’évidente dualité fondamentale de l’existence humaine, l’indissociabilité de la vie et de la mort, l’opposition du bien et du mal.

Accompagnant les Grands Ballets Canadiens de Montréal, le chorégraphe allemand Stephen Thoss présente La jeune fille et la mort au Théâtre national de Chaillot. Troisième spectacle créé en collaboration avec Les grands ballets canadiens de Montréal après Searching for Home en 2011 et Rêve en 2013, La jeune fille et la mort est un ballet « abstrait », selon le mot de Stephen Thoss, fondé sur des oppositions et d’inévitables complémentarités.

Comme le précise Stephen Thoss, cette pièce ne trouve pas son origine dans la composition de Schubert du même nom, mais l’envie de traiter du thème de la mort : « La mort peut danser, c’est le titre que j’avais en tête avant de commencer à travailler la pièce. »

La jeune fille et la mort : un dialogue

Présenté par Stephen Thoss comme « un dialogue entre la vie et la mort », La jeune fille et la mort est le récit du développement de l’existence d’une jeune femme dont les différents moments sont représentés par les quatre éléments que sont l’eau, l’air, la terre, et le feu. Quatre autres danseuses personnifient ces derniers : l’air symbolise ainsi la liberté, la terre la nécessité de l’enracinement, l’eau la capacité d’adaptation. Ce sont autant de moments rassemblés en sept tableaux, tout au long desquels la jeune fille côtoie la mort incarnée par un danseur vêtu de noir, et se confronte à celle-ci. Confrontation qui prend la forme d’une opposition de couleurs puisque le noir des costumes ne manque pas de contraster avec les différentes couleurs représentant les quatre éléments.

La jeune fille et la mort : la réunion des contraires

Mais au-delà d’une simple opposition symbolique, ces divers éléments scéniques orientent l’ensemble de la chorégraphie dont l’influence expressionniste exprime les tourments d’une existence et rend sensible la lutte contre le monde extérieur et ses principes essentiels. Sur scène, les danseurs doivent donner consistance à des sentiments contradictoires : crainte, fascination et, finalement, acceptation, de la mort.

Si la chorégraphie, selon l’intention de Stephen Thoss, est pleine d’une charge symbolique, sa portée semble être accentuée par des choix musicaux destinés à souligner l’intensité du drame qui se joue sur scène. Les créations de Philip Glass, Alexandre Desplat, Finnbogi Petursson ou Clint Mansell, sont ici utilisées, la célèbre partition de Franz Schubert ne l’étant qu’à la fin de la pièce dans la version pour cordes de Gustav Malher.