ART | EXPO

Jean-Michel Meurice, une rétrospective

14 Oct - 02 Avr 2017
Vernissage le 14 Oct 2016

La rétrospective consacrée à Jean-Michel Meurice par le Lieu d’Art et Action contemporaine de Dunkerque réunit des tableaux réalisés des années 1960 aux années 2000 et vingt-cinq documentaires. L’exposition « Jean-Michel Meurice, une rétrospective » offre ainsi un panorama complet et chronologique de l’œuvre de ce représentant majeur de l’art français des cinquante dernières années.

L’exposition « Jean-Michel Meurice, une rétrospective » au LAAC de Dunkerque est la première de quatre expositions que les villes de Dunkerque, de Béthune et du Touquet vont consacrer à l’œuvre du peintre et réalisateur jusqu’à l’été 2017.

Une double facette de peintre et de réalisateur

L’exposition se répartit entre cinq salles où des tableaux déroulent chronologiquement le parcours de Jean-Michel Meurice. A ce volet pictural s’ajoute la projection dans l’auditorium du musée de vingt-cinq documentaires qui rendent compte de l’autre facette de l’œuvre de Jean-Michel Meurice : le cinéma.

Intitulée « Supports Pop », la première salle est consacrée aux réalisations des années 1960. Parfaite introduction à la double carrière de peintre et de réalisateur de Jean-Michel Meurice, la première œuvre exposée est un film d’un genre particulier. Réalisé pendant la guerre d’Algérie, alors que l’artiste y était officier, il s’agit d’un film peint : des dizaines de mètres d’une pellicule de 35 mm est recouverte de couleur directement au doigt. Une fois projeté, le film envahit l’écran d’une couleur mouvante. Ainsi, par le biais du cinéma, la peinture sort de son état statique pour devenir elle-même mouvement.

L’expression de la couleur pure

Sur le grand tableau La Barnum réalisé en 1963 à l’encre sur toile, de larges bandes de couleurs vives se superposent et laissent échapper des coulures verticales. L’œuvre incarne le principe qui fonde alors la démarche de Jean-Michel Meurice : le remplissage de la totalité de la surface, la répétition d’un geste grossier, l’absence de composition et d’expression personnelle ou conceptuelle. La couleur est le seul objet de l’œuvre. C’est également le cas dans les réalisations postérieures à 1966, qui voient Jean-Michel Meurice substituer à l’utilisation du pinceau et de la peinture celle de matériaux industriels colorés. Toiles plastiques, éponges, film aluminium ou plumes constituent selon lui de la « couleur ready-made » qui fait verser son art vers une sorte de pop art abstrait.

La salle suivante, « Tout couleur », s’intéresse aux retrouvailles de Jean-Michel Meurice avec le pinceau dans les années 1970. Emblématique de cette période, la série Bayadères repose sur la systématisation du geste et la formation d’une seule unité chromatique : d’étroites bandes de couleurs sont tracées à la règle sur des surfaces imbibées de teintures liquides. Les tableaux poursuivent la quête d’une « vision intense de la couleur » à travers cette façon parfaitement neutre de couvrir la toile. La troisième salle présente l’ensemble d’œuvres sur bois Scars. Inspirés des décors de l’architecture hispano-mauresque, ces vastes plaques de bois colorées et scarifiées en reprennent la construction modulaire, permettant des compositions infinies. Une œuvre qui explore l’occupation de l’espace. Enfin, les deux dernières salles s’intéressent aux travaux des années 1980 à 2000, qui des œuvres réalisées à l’aide d’une feuille d’arbre utilisée comme pochoir aux arabesques tracées à main levée, renouent avec un maniement libre du pinceau.