DANSE | SPECTACLE

Initio

30 Jan - 31 Jan 2017
Vernissage le 30 Jan 2017

Le Théâtre de la Cité internationale présente Initio de Tatiana Julien et Pedro Garcia-Velasquez, un opéra chorégraphique qui nous entraîne dans une quête initiatique, à la fois physique et spirituelle, en unissant danse, musique, et texte.

Créée en 2016 lors du festival de danse « Instances » de Chalon-sur-Saône, Initio emprunte à la fois à l’opéra et à la danse. Ecrite pour cinq danseurs, parmi lesquels Tatiana Julien, ainsi qu’un chanteur, le contre-ténor brésilien Rodrigo Ferreira, Initio donne d’abord à voir l’alliance et la complémentarité de la danse et de la musique : « Construites comme un voyage initiatique, la musique et la danse tentent de renouer avec un sens sacré du monde et du spectacle. »

Initio : une quête initiatique et poétique

Initio met en scène la quête initiatique, tant physique que spirituelle, d’un ermite dont le rôle est interprété par Rodrigo Ferreira, autour duquel va se former une communauté des âmes. A la recherche d’un lieu où il pourra vouer un culte à son dieu, cet ermite va devenir son guide et devoir se confronter à la Sybille, rôle tenu par Tatiana Julien. Cette confrontation se révèle être aussi un jeu de séduction à l’issue fatale.

Tatiana Julien et le compositeur colombien Pedro Garcia-Velasquez ont donc écrit Initio partant d’une idée abstraite : le « lien perdu entre l’humain et le vide de l’univers, pour essayer de retrouver un rapport à la poésie et des choses qui nous dépassent », à laquelle Alexandre Salcède a donné corps sous forme de texte.

Initio : un opéra chorégraphique

Opéra chorégraphique, Initio se distingue toutefois d’un opéra traditionnel puisque les danseurs trouvent à s’exprimer au travers de chorales. Tatiana Julien a voulu en premier lieu s’appuyer sur un récit poétique, seul à même de souligner ces « réalités abstraites et charnelles qui sont propres à la musique et à la danse. » Espace, temps, et sons sont alors mise en parallèle avec « la narration du texte », c’est-à-dire, le livret d’opéra.    

Les rapports du texte et de la danse sont donc au centre de la construction de la pièce. Car il importe à Tatiana Julien que ces derniers ne soient pas uniquement de l’ordre de l’illustration. Les interprètes, insiste-t-elle, représentent des personnages dont le langage particulier n’est autre que celui de la danse. Ainsi Alexandre Salcède s’est-il chargé d’écrire un livret d’opéra selon les indications initialement développées par Tatiana Julien et Pedro Garcia-Velasquez., Si Rodrigo Ferreira, dans le rôle de l’ermite, porte la plus grande partie du texte d’Initio, celui-ci se révèle étroitement lié aux danseurs et partie prenante la chorégraphie.

Comme à son habitude, Tatiana Julien recourt dans sa pièce au texte, lequel soutient en quelque sorte la danse. Ne rejetant en rien la danse comme telle, Tatiana Julien reconnaît volontiers que celle-ci ne peut tout exprimer. Mais l’accord du texte et de la danse semble répondre à une nécessité orientant l’écriture d’Initio : «  mettre en friction un langage de la vie ordinaire, à savoir le langage, avec la poésie de la musique et la danse qui appartiennent à l’indicible. » Ainsi peuvent être réunis cet art qu’est la danse et le monde lui-même. L’opéra est alors l’art par excellence qui rassemble gestes, paroles et musique.