PHOTO | EXPO

Hudros

14 Oct - 30 Oct 2016
Vernissage le 14 Oct 2016

L’exposition « Hudros » à Plateforme est consacrée à une nouvelle série de photographies de Patrick Rimond. Des photographies de paysage dont les éléments centraux sont l’eau et le béton, où la rigueur formelle laisse entrevoir l’imperfection du vivant.

L’exposition « Hudros » dévoile à Plateforme de nouvelles photographies de Patrick Rimond. Une série de photographies de paysage que relie un fil rouge fait d’eau et de béton.

Eau et béton : yin et yang

Le livre Hudros, d’eau et de béton publié cette année par Patrick Rimond est à l’origine de l’exposition. L’objet de ce nouveau travail photographique sont des surfaces d’eau qui ont été canalisées par l’homme. Réalisée dans dans les Bouches-du-Rhône, la série a été inspirée à Patrick Rimond par la vision d’un courant d’eau cristalline sur une surface de béton brut.

Dans cette image se confrontent le mouvant et l’inerte, un élément qui se régénère sans fin et un autre qui demeure figé et se laisse éroder par le temps. Mis en contact par la main de l’homme au service d’un ensemble dont le fonctionnement repose sur leur dépendance l’un à l’autre, ils forment une incarnation de la complémentarité du yin et du yang de la pensée chinoise.

Des photographies de paysages telles des toiles abstraites

Les photographies de paysages de Patrick Rimond adoptent les structures formelles de toiles abstraites. Photographié de près, un canal devient un ensemble de lignes : celles, parallèles, des deux pentes de béton qui le délimitent, de l’eau bleu-vert qui coule au milieu et du sentier gris qui le longe, et celles, rompant la symétrie des premières, du grillage qui encadre le canal. Un aqueduc devient une impressionnante ligne de fuite grise plongeant dans la masse verte d’une forêt.

L’imperfection du vivant s’immisce dans la rigueur de l’abstraction

Pourtant, derrière la rigueur et le minimalisme de la composition de chaque photographie qui tend à l’abstraction, ce sont des détails imparfaits qui accrochent l’œil. La froideur clinique apparente n’est là que pour mieux faire valoir l’anomalie, l’asymétrie révélant le vivant. Les clichés de Patrick Rimond célèbrent non pas la perfection stérile des structures artificielles mais la beauté de la vie qui s’y immisce : la patine laissée par le temps sur le béton, l’irrégularité du courant, l’aspect désordonné de la végétation… La méthode photographique de l’artiste procède de la même recherche d’un rapport authentique au monde. Les images sont captées sans longue préparation, à main levée, suivant seulement les sensations provoquées par les lumières et les matières.