DANSE | SPECTACLE

Heroes

17 Mar - 19 Mar 2017

Dans le cadre du festival « Séquence Danse », le Centquatre-Paris présente Heroes de Radhouane El Meddeb, un spectacle racontant d'abord l'histoire des corps des danseurs et leurs propres rapports à la danse.

Chorégraphe d’origine tunisienne tard venu à la danse par des voies peu académiques, Radhouane El Meddeb a d’abord créé des soli tels Pour en finir avec MOI (2005), Hûwà (2006), Quelqu’un va danser (2008), et Je danse et je vous en donne à bouffer (2011) qui, conjuguant danse et plaisir d’un repas partagé avec les spectateurs, tient advantage de la performance. Alors associé au Centquatre, Radhouane El Meddeb a écrit avec Thomas Lebrun le solo Sous leurs pieds, le paradis (2012), et collaboré avec Matias Pilet et Alexandre Fournie pour Nos limites (2013), puis créé en 2014 Au temps où les arabes dansaient. Heroes, pièce pour neuf danseurs, n’est autre que le prolongement et l’amplification de Heroes, prélude créée en 2015.

Heroes

Initialement créée au Centquatre-Paris en 2015, et présentée lors de la manifestation « Monuments en mouvement », Heroes est une pièce se développant dans un cadre limité. L’espace occupé sur scène par les danseurs est en effet restreint puisque ceux-ci se déplacent à l’intérieur d’un carré trace sur le sol et s’efforcent de pas aller au-delà de ces limites. Dix danseurs venus de la danse hip-hop, du voguing, de la danse indienne, et du cirque, forment ainsi un groupe hétérogène, néanmoins destiné à demeurer soudé, en observant scrupuleusement la contrainte d’un espace restreint.

Chacun de ces dix danseurs porte un justaucorps de couleur soutenue qui ne manque pas de renvoyer à un certain moment de l’histoire de la danse : comment ne pas voir dans cet élément, le costume, une reference à cet autre chorégraphe qu’est Merce Cunningham ? De même, la musique de Heroes, composée par Frédéric Deslias, n’est-elle pas sans rappeler la musique répétitive de Philip Glass.

Heroes : devenir autre

Heroes ne semble pas sacrifier aux techniques ou à la stylistique des danses urbaines qui, peut-être n’apparaissent que fugitivement les gestes de certains interprètes. Au contraire, Heroes conduit ces derniers à se défaire radicalement de leur formation d’origine et évoluer dans un registre stylistique qui n’est pas leur.

Aussi, l’espace de quelques mètres carrés de Heroes peut offrir au spectateur des images où le mouvement s’efface devant l’occupation de l’espace, les corps des danseurs formant des vagues de couleurs dont des bras et des jambes s’échappent. Leurs déplacements expriment la volonté d’explorer les possibilités et les limites de leur espace propre. Qui sont ces danseurs qui veulent préserver leurs styles de danse à l’intérieur du groupe ?