ART | EXPO

Je t’épaule tu me respires

08 Fév - 31 Mar 2018
Vernissage le 08 Fév 2018

L’exposition « Je t’épaule tu me respires » à la galerie Marcelle Alix, à Paris, réunit des œuvres de six artistes contemporains et les lampes du designer italien Gino Sarfatti autour d’une réflexion sur notre rapport aux œuvres d’art. Rejetant les présentations favorisant la distance par rapport aux œuvres, elle incite à un rapport fondé sur le soin et l’attention.

L’exposition « Je t’épaule tu me respires » à la galerie Marcelle Alix tente de modifier le rapport habituellement distant entre les œuvres et les spectateurs, à travers des tableaux, images et installations de six jeunes artistes et les luminaires du célèbre designer Gino Sarfatti.

« Je t’épaule tu me respires » : un rapport plus direct aux œuvres

A travers le titre de l’exposition, « Je t’épaule tu me respires », s’exprime un rapport intime, tel que celui qu’elle entend tisser entre les œuvres d’art et les spectateurs. A rebours de la conception traditionnelle de la présentation des œuvres d’art, qui engage les spectateurs à conserver vis à vis d’elles une certaine distance respectueuse, l’exposition entend privilégier une rencontre avec les œuvres, un rapport plus direct et détendu qui permette de véritablement percevoir leur présence, leur existence, leur mouvement, leur temporalité, leur généalogie formelle et en un mot, ce que veulent ces œuvres.

L’exposition met en pratique vis à vis des œuvres une éthique du prendre soin qui souligne leur vulnérabilité tout en favorisant une démarche envers elles en tant qu’entités elles mêmes agissantes. La notion de protection entraîne un rapport moins théorique aux œuvres, plus physique, et laisse s’exprimer ce que demandent les œuvres. Ainsi l’exposition « Je t’épaule tu me respires » incite à s’éloigner de l’exposition pour se laisser influencer par l’œuvre.

Des lampes de Gino Sarfatti aux installations de Liz Magor, les notions de soin et d’attention

Deux nouvelles réalisations de Liz Magor, comme Open, des installations composées de couvertures récupérées, raccommodées et emballées dans des films plastique s’inscrivent dans le principe de soin déjà présent dans son travail antérieur, et le portent à l’extrême en s’intéressant à chaque défaut de ces textiles troués et tachés pour en faire les éléments d’une composition d’ordre pictural.

Avec les lampes de Gino Sarfatti s’affirme l’idée d’attention qui est indissociable de celle de prendre soin. La démarche du designer italien consiste à prendre pour point de départ une ampoule ou un néon, des objets industriels purement fonctionnels et dénués de connexions à des objets ou des personnes particuliers, pour façonner des lampes qui correspondent à leur forme et à leur luminosité et soient capables de les mettre en valeur. Les produits industriels et standardisés deviennent alors inséparables des lampes conçues pour eux et d’usages précis dans la vie quotidienne : les lampes constituent des interfaces entre l’usine et le foyer. De la même façon, l’exposition essaye de favoriser les conditions d’attention des visiteurs pour souligner l’impact qu’une œuvre d’art peut avoir sur la vie.