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Matière noire

16 Déc - 04 Fév 2018
Vernissage le 16 Déc 2017

L’exposition « Matière noire » à la Friche de la belle de Mai, à Marseille, dévoile de nouvelles photographies de Geoffroy Mathieu, une série en forme d’utopie qui tente de capter la matière noire, composante majoritaire mais mystérieuse de l’univers.

L’exposition « Matière noire » à la Friche de la belle de Mai à Marseille présente une nouvelle série de photographies de Geoffroy Mathieu qui tente de saisir la part de matière noire qui traverse chaque élément du monde.

Geoffroy Mathieu tente de capter la matière noire

L’exposition rend compte d’un nouveau projet du photographe Geoffroy Mathieu qui s’inscrit dans la continuité de ses précédentes séries Un mince vernis de réalité réalisée de 2000 à 2004 et Canopée, réalisée de 2008 à 2011. Cette fois encore, Geoffroy Mathieu a été guidé par le souhait de procéder librement, sans se fixer de contrainte thématique étroite.

La série Matière noire résulte cependant d’un projet singulier et suit un fil conceptuel précis : Geoffroy Mathieu s’est intéressé à la matière noire qui constituerait 25 % de la masse de l’univers alors que seuls 5% sont constitués de la matière ordinaire, tandis que les 70 % restants sont de l’énergie noire. La nature de cette énergie et matière noires, c’est à dire de 95 % de notre univers, demeure mystérieuse pour les astrophysiciens eux-mêmes qui tentent toujours de l’identifier.

Matière noire, une utopie photographique

La matière noire, composante inconnue de l’univers, n’émet pas de lumière alors qu’elle est entièrement traversée par la lumière, ce qui la rend véritablement noire. Le seul moyen de la percevoir est donc d’observer ses effets sur l’environnement. Avec la série Matière noire, Geoffroy Mathieu s’est donc lancé dans une entreprise utopique qui consiste à capter des objets, des personnes, des paysages ou des situations dans lesquels on peut deviner la matière noire qui les traverse.

Véritable hypothèse photogra­phique, la série Matière noire tente de déterminer les effets produits sur notre réalité quotidienne par la matière noire. Ces effets sont-ils perceptibles et l’appareil photographique peut-il les capter ? Ici une personne nue marche sur une plage, en direction de la mer. Là une route de montagne est le théâtre d’un jeu d’ombre et de lumière. Ailleurs encore, c’est un bâtiment en construction, simple cube blanc, perdu dans la végétation, qui devient objet de vision poétique. Profondeurs, paysages massifs et scènes d’apparence absurde laissent entrevoir la présence de la matière noire…