DANSE | SPECTACLE

My (petit) Pogo

24 Jan - 25 Jan 2018

Cinq ans après My Pogo, le chorégraphe Fabrice Ramalingom revient sur son spectacle, pour en livrer une version jeune public et réflexive. My (petit) Pogo forme ainsi une refonte complète, une méta-représentation de la pièce initiale. Avec légèreté et humour, le spectacle dévoile les secrets de cette danse contemporaine.

Le spectacle de danse contemporaine My (petit) Pogo, du chorégraphe Fabrice Ramalingom (Cie R.A.M.a), rejoue son précurseur : My Pogo. Une recréation en forme de réflexion dansée, à la fois jeune public et critique. Jeune public, car il s’agit d’exposer, simplement, comment se pense et crée un spectacle de danse contemporaine. Et critique, parce que la pièce mobilise des outils conceptuels et corporels, pour mieux souligner le processus créatif. La difficulté d’expliquer la fabrication d’une pièce tient en partie à la quantité de paramètres en jeu. Il y a toujours trop à dire, trop de fils à détramer. Ici, Fabrice Ramalingom contourne l’écueil par l’humour, notamment. Avec simplicité et légèreté, les quatre interprètes de My (petit) Pogo Clément Garcia, Yuta Ishikawa, Fabrice Ramalingom, Lorenzo Vanini dansent et parlent le spectacle qu’ils sont en train de jouer.

My (petit) Pogo de Fabrice Ramalingom : une mise en abîme de My Pogo

Comme point d’appui au spectacle de danse contemporaine My (petit) Pogo (2017), il y a, donc, My Pogo. Création Montpellier Danse 2012, cette pièce pour six interprètes présente un groupe et ses interactions. Sur une scène sans décor, six danseurs fonctionnent comme un groupe soudé, « serré comme un œuf où chacun cherche sa place vis-à-vis des autres. C’est un noyau, un bloc d’hétérogénéité » (Fabrice Ramalingom). Comme reliés par des fils invisibles, les danseurs y forment un sorte de nuage moléculaire : dense, plein de frictions et d’électricité. Un groupe muet et silencieux, tout en vibrations sensibles. Après cinq ans de réflexion, My (petit) Pogo vient à son tour joindre les paroles aux gestes. Dans une performance qui reprend des gestuelles du spectacle originel, mais pour mieux intercaler des étapes d’observation, de réflexion. Ce qui, finalement, modifie complètement la chorégraphie et l’économie du mouvement.

Un spectacle jeune public et réflexif, sur la fabrique de la danse contemporaine

My (petit) Pogo déploie ainsi sur scène une expérience pédagogique. « Au cours de ma carrière, il m’est apparu que la sensibilisation à la danse doit être faite quand l’esprit des enfants est encore malléable et ouvert au monde. » Par ce positionnement, Fabrice Ramalingom interroge aussi, pas à pas, la création d’une interaction avec le public. Entre autorité (pour capter l’attention) et humour (pour retenir l’attention captée) : les artistes montrent les ficelles de leur magie. Avec un Fabrice Ramalingom tour à tour instigateur, performeur et observateur. Avec le public à la fois instruit et juge. Et le groupe qui tantôt explore, tantôt évalue ses explorations. En somme : tout un processus de dévoilement de la fabrique de la danse. De ce qui autorise à se retrouver sur une scène, à quatre pattes, en train de faire la vache. Et faire croire que cette chose est simple : voilà la magie.