DANSE | SPECTACLE

Everyness

19 Avr - 22 Avr 2017

Le Théâtre de la Ville présente Everyness de Honji Wang et Sébastien Ramirez, un spectacle qui met en avant l’universalité des rapports humains et le refus des contraintes sociales.

Pièce créée en 2016, Everyness intrigue en raison de son titre même. Néologisme formé à l’occasion de la création de ce spectacle signifie «Tout et rien, précise Sébastien Ramirez.  Everyness parce que chacun d’entre nous s’évade à travers le couple ou les relations, et à la fin que reste-t-il ? Cette conclusion, nous la nommons Everyness, un mot qui n’existe dans aucun dictionnaire.»

De Monchichi à Everyness

Spectacle récemment donné au Théâtre du Rond-Point, Monchichi était d’abord le récit de la rencontre «délicate» de Honji Wang et Sébastien Ramirez et de leurs parcours personnels ; parcours d’individus devant se frayer un chemin dans des sociétés qui leur sont étrangères. La pièce dévoilait ainsi des épisodes de leurs existences respectives au travers de leur vie commune : doutes, malentendus, tentatives d’adaptation plus ou moins heureuses y étaient livrés avec ironie.

Monchichi trouve en quelque sorte un prolongement naturel dans Everyness, la nouvelle création de Honji Wang et Sébastien Ramirez, continuant à développer sur scène, presque inlassablement, la biographie des deux danseurs. Mais Everyness semble être toutefois une pièce plus abstraite ou générale, dépassant le simple récit de deux existences individuelles pour s’attacher aux rapports humains comme tels. Et Honji Wang remarque d’ailleurs : «Nous voulions parler de chaque homme et chaque femme et de toutes sortes de relations.»

Everyness : l’ouverture au monde 

La biographie ne sert plus ici que de support à une réflexion plus large sur la véracité des relations humaines : qu’en est-il vraiment de nos sentiments d’amour et d’amitié ? De manière significative, Everyness n’est plus un duo mais un quintette ouvrant le couple aux autres, et soulignant tout à la fois la diversité, la rivalité, et la complicité entre individus différents. Une fois encore, Honji Wang et Sébastien Ramirez tiennent à exprimer leur refus des limites géographiques et des contraintes sociales.

Everyness s’ouvre ainsi une scène symbolique : deux interprètes suspendus à des filins survolent la scène et tentent à la fois de prendre leur envol et de se rejoindre. Mais leurs efforts se révèlent vains puisqu’ils sont constamment retenus par ces attaches qui ne cessent de les ramener en arrière. Mais cette mise en scène n’est que temporaire car les danseurs sont accompagnés par une sphère blanche conçue par la designer Constance Guiset. Sphère qui se déforme et se transforme tout au long de la pièce : «Nous recherchions un objet et un volume qui pourrait représenter la ligne de la vie, du temps qui passe, mais aussi un élément qui puisse évoluer avec nous et représenter nos états. Un peu comme un symbole, un organe vivant !», précise Honji Wang.