DESIGN | EXPO

Vessel

20 Sep - 08 Nov 2018
Vernissage le 20 Sep 2018

Réunissant une quinzaine de pièces récentes, la Galerie Maria Wettergren présente "Vessel", une exposition monographique de l'artiste et designer danois Eske Rex. Œuvres minimalistes, sobrement poétiques, "Vessel" souligne la délicatesse du bois, entre matérialité et spiritualité.

Designer danois minimaliste, Eske Rex crée des pièces à la poésie sobre et épurée. Une dynamique à laquelle la Galerie Maria Wettergren consacre une exposition personnelle, « Vessel ». Soit une plongée dans le potentiel métamorphique des objets d’Eske Rex. Créations essentiellement en bois, « Vessel » réunit une quinzaine de ses œuvres récentes. Un accrochage à mettre en regard avec la parution de la monographie Eske Rex Works (de Nina Wöhlk et Kristine Annabell Torp), recensant sculptures et installations des dix dernières années. Un évènement notamment célébré lors du vernissage de l’exposition « Vessel ». Laquelle offre ainsi l’occasion de découvrir, in concreto, les dernières pièces d’Eske Rex. Travail sensible et délicat du bois, Eske Rex compose, à partir d’essences de frêne, chêne, ou cèdre, de fines pièces élancées, mettant en valeur la cellulose. Sculptées en structures-ossatures ou feuilles frôlant la translucidité, la série Vessel (2018) culmine à deux mètres.

« Vessel » d’Eske Rex : le minimalisme danois, à la galerie Maria Wettergren

Entre arbres et taille humaine, les sculptures d’Eske Rex inspirent calme et silence. Telle une forêt de sculptures légères et uniques. La série des Divided Self (2017) [Soi divisé], par exemple, se compose de deux pièces de bois incorporant chacune un aimant. Comme un galet de bois, l’élément en bois est scindé en deux. Chaque partie est reliée à un filin vertical. Sculpture joignant le plafond et le sol, la terre et le ciel, les deux éléments se retiennent mutuellement par magnétisme. Soulignant ainsi l’harmonieuse tension qui joint les contraires. Autre approche poétique de la coupure : la série des Unfolded Plank (2018) [Planche dépliée]. Une pièce de bois massif (du chêne) y est là aussi scindée en deux. Une ouverture délicate, dans le sens de la tranche, offrant ainsi une vue souple sur l’intérieur de la planche.

Eske Rex : la poétique du bois entre forêt primordiale et frêles vaisseaux magnétiques

Avec la série des Vessel (2018), ce sont d’étranges sculptures fines et allongées qui se déploient devant les spectateurs. Barques, calebasses étirées, délicates ossatures… Les frêles vaisseaux de Vessel semblent être prêts à appareiller pour un ultime voyage. Sur un fleuve infiniment tranquille. Tandis que la série Doko (2013) présente des formes évoquant presque des cocons. Ou, comme le note la curatrice et auteure Nina Wöhlk, des formes ovoïdes rappelant l’utérus, ou quelques sarcophages de l’Égypte antique. Pièces souples et fragiles, l’exposition « Vessel » inspire un recueillement primordial. Chaque série composant presque une partie d’un vaisseau, matériel ou spirituel. Pièces scindées, les œuvres d’Eske Rex semblent déployer de calmes embranchements critiques. Au sens du grec krinein — moment de bascule où se scelle le destin du malade, suspendu entre vie et mort. Ou, pour paraphraser Nina Wöhlk, un univers dans lequel règne un ordre sans chaos.