DANSE | FESTIVAL

Perfs et Fracas

03 Mai - 06 Mai 2018

Deux des lieux parisiens les plus impliqués dans la défense de la performance actuelle, Le Générateur et Mains d'Œuvres, s'associent pour le festival Perfs et Fracas. Au menu : une dizaine d'artistes et autant de performances, pour quatre jours d’énergie en actes.

Chacun à une extrémité de Paris, Le Générateur (Gentilly) et Mains d’Œuvres (Saint-Ouen) s’associent pour Perfs et Fracas. Un festival de danse et performance, à la périphérie des genres. Rien d’étonnant à ce rapprochement puisque les deux lieux ont en commun une forte implication dans la défense de la performance contemporaine. Avec des accueils en résidence, notamment. Au programme de cette première édition de Perfs et Fracas : quatre jours de turbulences, avec une dizaine d’artistes, principalement issus de la danse. Mains d’Œuvres accueillera la première soirée, avec une grande rencontre-débat menée par la chorégraphe et performeuse Éléonore Didier. Avec une question ouverte comme point d’ancrage « Par où ça commence la performance ? », pour mieux s’emparer ensuite des propositions artistiques. Les deux soirées suivantes se dérouleront au Générateur, avec quatre, puis trois performances. Enfin, le dimanche reviendra s’installer à Mains d’œuvres, pour trois performances.

Perfs et Fracas : festival de danse et performance, à la périphérie des genres

D’abord une soirée inaugurale, donc, pour brasser les questions liées au genre. Par où ça commence, la performance ? Ça commence quand ça finit ? Par une subvention ? Ça commence quelque part ? À un moment précis ? Avec Deeat Palace, Marion Camy-Palou répondra par une électro épaisse et corrosive, proche de la noise. Tandis que Lila Derridj, avec Une bouche, se réappropriera son corps et son histoire en expulsant l’idéal imposé par la société. Avec Nous serions tous heureux, Maëlle Faucheur plongera dans l’onirique pour aller dépoussiérer le bonheur. En compagnie de Sabine Balasse, au violoncelle, composant des géographies sonores immersives. Enfin, concluant cette première soirée, Smaïl Kanouté proposera Les actes du désert. Une performance en forme de rite, sur fond de voyage initiatique, ou de réconciliation, au pays Dogon. Une pièce où chacun pourra entendre résonner son propre exil, à tenter d’apaiser colères et fantômes.

Quatre jours de performances, de Mains d’Œuvres au Générateur

Le duo Lotus Eddé-Khouri et Christophe Macé proposera Boomerang. Un jeu sur les structures en miroirs (structure-couple), répétitives et rythmées. Avec Excursion, Coline Joufflineau composera et décomposera des mondes, avec son corps et un rouleau de papier d’un mètre cinquante sur dix mètres. Plongeant dans le dionysiaque et l’hubris, Mélanie Martinez Llense, avec Hybristika, conclura (ouvrira ?) la soirée du samedi par un rituel festif, un brin chaotique. Dernière journée, le dimanche sera l’occasion de découvrir L’élargissement du souffle, de Catherine Froment. Entre souffle court et exaltation, une performance inspirée par l’auteur Thomas Bernhard. La performance de David Noir, Je veux rester un étranger, articulera découvertes, retrouvailles et fuites. Et, last but not least, Marion Uguen, avec La méthode C.O.A., bouclera la boucle par une conférence glissant dans la danse. De quoi à C.O.A., une manière de rappeler que plus qu’une question, la performance est un acte.