DANSE | SPECTACLE

Drumming Live

01 Juil - 15 Juil 2017

L’Opéra national de Paris présente Drumming Live d’Anne Teresa de Keersmaeker, un spectacle entrant au répertoire de ce dernier. Partant d'une  composition originale de Steve Reich, Drumming Live réunit danse et musique en agençant temps et espace.

Anne Teresa de Keersmaeker présente Drumming Live, une pièce pour douze danseurs créée en 1998, figurant désormais au répertoire de l’Opéra national de Paris, après Rain en 2011, Die Grosse Fugue, Quatuor n° 4, Verklärte Nacht en 2015, et sa mise en scène de Cosi Fan Tutte en 2016.

Drumming Live : danse et musique confondues

Pièce fondamentale dans le parcours chorégraphique d’Anne Teresa de Keersmaeker, Drumming Live conjugue danse et musique en se fondant sur la composition originale de Steve Reich. Ecrite au tout début des années 1970 après un séjour au Ghana, Drumming est une partition pour percussions et voix au motif musical unique qui ne cesse de se développer progressivement au travers de quatre mouvements différents. Drumming semble pousser à l’extrême ce principe de composition graduelle, ou ces «processus graduels» selon le mot de Steve Reich, déjà utilisés dans une précédente création, Piano Phase.

Drumming Live : langage chorégraphique

Drumming Live, tout comme Rain précédemment, reprend en quelque sorte ce procédé musical pour organiser à la fois l’espace et le temps. Car de manière significative, Anne Teresa de Keersmaeker conçoit la danse comme une forme langage à part entière, allant à l’encontre de «l’idée romantique» selon laquelle cette dernière «s’articule dans l’éphémère». Il n’est donc pas étonnant de constater que la chorégraphie de Drumming Live recourt à des moyens particuliers tels la suite mathématique dite de Fibonnaci ou le nombre d’or. Si son travail est alors orienté par le primat de la forme, il ne délaisse pas pour autant l’émotion. Tout formalisme «fait partie de l’écriture même du travail, je n’ai pas peur de faire un pari sur la beauté», affirme Anne Teresa de Keersmaeker.

Dans Drumming Live, un formalisme ainsi compris retient de la composition de Steve la montée dans les aigus, suggérant sur scène le motif essentiel de la spirale et de l’étoile comme principes d’organisation de l’espace. Si les danseurs jouissent certainement d’une certaine liberté d’expression, ils suivent scrupuleusement ces indications objectives. Drumming Live combine alors cette vision construite de la danse à un flux ininterrompu de mouvements, laissant voir l’harmonie calculée de mouvements courbes et rectilignes.