PHOTO | EXPO

Dérive

11 Jan - 05 Mar 2017
Vernissage le 11 Jan 2017 à partir de 18:00

L’exposition « Dérive » au Château d’Eau, à Toulouse présente les photographies de Yusuf Sevinçli. Les clichés en noir et blanc du jeune photographe turc témoignent d’une écriture très personnelle qui traduit les détails de la vie quotidienne en instantanés émotionnels.

L’exposition « Dérive » au pôle photographique de Toulouse Le Château d’Eau présente les photographies de Yusuf Sevinçli. Des clichés en noir et blanc qui sont autant de reflets sensibles et personnels de la vie quotidienne.

Des clichés en noir et blanc qui transmettent une vision singulière du quotidien

Les œuvres du jeune photographe turc Yusuf Sevinçli s’inscrivent dans la lignée de représentants marginaux de la photographie documentaire, ceux qui cherchent à capturer des détails du quotidien tout en y insufflant une vision singulière et en outrepassant volontiers les limites de l’outil photographique pour mieux l’exploiter.

L’exposition présente des photographies issues de diverses séries, dont celle intitulée Vichy, réalisée lors d’une résidence dans la ville thermale au printemps 2015. Sous le regard de Yusuf Sevinçli, la coquette cité ressort transfigurée. Dans sa démarche instinctive, qui consiste à observer au jour le jour son environnement, de façon continue, le photographe dépasse l’image lisse de la ville bourgeoise chargée d’histoire et de splendeurs architecturales. Il en tire des tableaux à la fois plus humains et sensitifs et comme hors de toute réalité spatio-temporelle.

La photographie comme outil de communication avec le monde

Parmi les clichés de la série Vichy, on distingue des enfants à la mine curieuse, un croupier au teint livide, un homme s’éloignant sur une étendue qui semble infinie, éclairé par une pluie de lumière, un couple d’amoureux s’embrassant et un chien mouillé croisé dans la nuit. Autant d’instantanés qui en disent moins sur leurs sujets que sur ce que Yusuf Sevinçli a ressenti au moment précis de leur rencontre. La photographie n’est pas ici un reflet du réel mais un outil de communication du photographe avec le monde qui l’entoure et avec lui-même. Chaque cliché est un commentaire sur la vie et sur la façon dont il perçoit son environnement.

Des photographies issues des séries Good Dog, Post II et Marseille résultent de la même écriture très personnelle, utilisant un noir et blanc très contrasté et intense, au grain épais et abondant. Sous leur surface souvent griffée, les images de Yusuf Sevinçli sont des fragments bruts d’émotion. La technicité y est reléguée au profit d’une simplicité qui vise à atteindre un sens et une énergie purs.