Chantal Akerman

Chantal Akerman

Chantal AKERMAN — née le 6 juin 1950 à Bruxelles (Belgique) ; décédée le 5 octobre 2015 à Paris (France).

Chantal Akerman est une cinéaste contemporaine belge, notamment connue, en art contemporain, pour ses installations vidéo. Réalisatrice de films, Chantal Akerman est aussi une figure majeure pour les mouvements féministes et LGBT. Son travail inclut films et longs-métrages, vidéos, installations… Avec ses œuvres elle a participé à la Biennale de Venise (2001, 2015). Ainsi qu’à la Documenta de Cassel (2002), au Festival de Cannes (1975, 1977, 1983, 1984, 2002)… Sans s’y réduire, son travail explore, entre autres, des questions de genre (Je, tu, il, elle, 1974), d’enfermement et de fuite (Saute ma ville, 1968 ; La Captive, 2000 ; La Folie Almeyer, 2012). Actuellement, son travail plastique est représenté par la Galerie Marian Goodman (Paris, Londres, New York), notamment.

Chantal Akerman : films, cinéma expérimental, art vidéo et installations

Chantal Akerman naît en 1950, dans une famille hantée par la Seconde Guerre mondiale. Sa mère, Natalia Akerman, a été déportée à Auschwitz avec ses parents, qui y ont été assassinés. Natalia Akerman jouera par ailleurs dans plusieurs films de Chantal Akerman, dont Toute une nuit (1982) et No Home Movie (2015). En 1967-1968, Chantal Akerman effectue une brève escale à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle. En 1971, elle s’installe à New York et fréquente les Anthology Film Archives (la cinémathèque) de l’East Village. Les œuvres d’Yvonne Rainer, Michael Snow, Jonas Mekas viennent alors compléter l’influence, ou l’enseignement, du Pierrot le fou de Jean-Luc Godard (1965). En 1972, son film expérimental La Chambre fait ainsi notamment écho à La Région centrale (1971) de Michael Snow.

La place des femmes, l’enferrement dans le quotidien et les lignes et points de fuite

Revenue en Belgique, Chantal Akerman réalise Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles (1975). Jouant sur l’impression de temps réel, le film s’attache au quotidien d’une femme, à la fois mère seule et prostituée, au moment où celui-ci bascule. Loin de La maman et la putain de Jean Eustache (1973), Jeanne Dielman est incarnée par Delphine Seyrig, notamment actrice d’Alain Resnais et Marguerite Duras (India Song, 1975). Le film est salué par la critique internationale. En 2001, pour la Biennale de Venise, Chantal Akerman présente l’installation Woman Sitting after Killing. Soient six moniteurs vidéo diffusant des variations de la séquence finale de Jeanne Dielman. Lorsque la protagoniste s’assied dans sa salle à manger, après avoir tué l’un de ses clients. Les installations de Chantal Akerman forment ainsi un contrepoint spatialisé à son œuvre cinématographique. Parachevant son désir de fuite, en 2015 elle met fin à ses jours.