ART | EXPO

Cœur à cuir

14 Jan - 05 Mar 2017
Vernissage le 14 Jan 2017 à partir de 18:30

L’exposition « Cœur à cuir » aux Bains-Douches d’Alençon réunit des tableaux et des installations de Marcel Devillers. Entre travail d’écriture et travail plastique, le jeune artiste contemporain poursuit son entreprise de dépassement de la peinture.

L’exposition « Cœur à cuir » aux Bains-Douches, à Alençon, présente des œuvres de Marcel Devillers : tableaux, installations et sculptures où travail textuel et travail plastique se mêlent. La proposition du jeune artiste contemporain mène toujours plus loin son entreprise de dépassement de la peinture et de son histoire.

Un dialogue entre écriture et plasticité

Les œuvres de Marcel Devillers naissent d’un dialogue entre l’écriture et le travail plastique. L’importance du texte s’affirme en premier lieu par la publication, à l’occasion de l’exposition, du recueil de poésie La Note salée du désir. Mais au-delà de cette œuvre poétique, le texte s’inscrit dans la matière même des œuvres plastiques. Celle intitulée Les circonstances de peindre (falloir) est composée d’un fragment de cuir découpé suivant les formes habituelles aux peaussiers, dont le centre est tendu sur un châssis de forme ronde et qui est recouvert de peinture acrylique rose. Au milieu est inscrit au pochoir le verbe « falloir » et dans un coin de sa partie non tendue, les mots « le garçon plus ».

Le texte est utilisé en tant que matière

D’autres œuvres de la même série présentent divers et couleurs. L’ensemble montre comment le texte intégré à la plasticité n’est pas chez Marcel Devillers l’intégration d’un sens rationnel mais l’utilisation du langage en tant que matière sonore. L’impact des onomatopées et la musicalité des mots s’ajoutent aux caractéristiques des matériaux et le texte devient image.

Une présentation qui s’éloigne de l’accrochage traditionnel

La présentation des œuvres se fait à même le sol, délaissant le traditionnel accrochage mural, pour mieux s’éloigner encore du modèle de la peinture en tant que représentation. Des panneaux ronds en bois de teck d’environ un mètre de diamètre servent de supports à différents objets placés en leur centre. Sur l’un d’eux repose un tas de vêtements qui semblent avoir été négligemment jetés au sol. Sur un autre, des livres de la collection horrifique pour la jeunesse Chair de Poule sont étalés sur des oreillers. Ainsi sont présentés des bribes d’intimité selon une modalité qui emprunte à diverses traditions : celle de la nature morte, celle de la représentation scénique ou encore celle de l’autel.

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