ART | EXPO

Lightly in the world

03 Nov - 28 Jan 2017
Vernissage le 03 Nov 2016

L’exposition consacrée à Charlotte Moth à la galerie Marcelle Alix, à Paris, réunit de nouvelles œuvres de l’artiste britannique. Des photographies et des sculptures développent un travail autour de l’espace nourri par l’architecture moderniste mais non dénué de légèreté.

L’exposition « Lightly in the world » à la galerie parisienne Marcelle Alix présente de nouvelles œuvres de l’artiste britannique  Charlotte Moth et d’anciennes réalisations actualisées, toujours entre photographie et sculpture.

L’espace comme support essentiel d’une œuvre entre photographie et sculpture

Les images du Travelogue, ce carnet de voyage au long cours entamé il y a quinze ans sous forme de photographies prises au fil des jours constituent la réserve de matière première de Charlotte Moth. Y sont consignés découvertes touristiques, ébauches de projets futurs et visions indéfinies génératrices de sensations. L’artiste y puise les idées et images qui nourrissent son œuvre sculpturale. Ce travail photographique initial révèle combien l’espace constitue le support essentiel de la démarche artistique de Charlotte Moth.

Dans la galerie sont présentées des sculptures récentes. La série Living images, réalisée en 2015, réunit des mains en bronze moulé fixées au mur par une tige et adoptant diverses positions et orientations. Chacune d’elles tient, parfois en équilibre, un objet trouvé différent : une boule de verre, un moule à glaçons, une perle… La pièce Lurking Sculpture (Rotating Rubber Plant), produite cette année, est composée d’une sculpture, réalisée en résine époxy par impression 3D puis laquée, figurant une plante dans son pot, l’ensemble étant d’un seul tenant. Posée sur un socle en marbre, la sculpture est en rotation grâce à un système électrique. Chacune de ces créations témoigne d’un travail approfondi sur les volumes dans l’espace.

Une œuvre inspirée par le modernisme et le conceptualisme mais empreintes d’une joyeuse légèreté

L’exploitation des formes et de l’espace chez Charlotte Moth a été favorisée par une fine connaissance de l’architecture moderniste. En témoignent deux nouveaux diaporamas extraits du Travelogue et exposés au sous-sol de la galerie. L’un offre des prises de vues de l’église Sainte-Bernadette de Banlay à Nevers, conçue en 1966 par Claude Parent et Paul Virilio et l’autre, l’Apollo Pavilion de Peterlee au Royaume-Uni, conçu la même année par Victor Pasmore.

Pourtant, si elles sont nourries par l’histoire de l’art, par les théories du conceptualisme et des travaux in situ, les œuvres de Charlotte Moth n’en tirent aucune raideur ou austérité. Elles sont au contraire portées par un sens poétique plein d’allégresse et de légèreté. Ainsi les œuvres actualisées en 2016 Light Structure et Behind every surface there is a mystery: a hand that might emerge, an image that might be kindled, or a structure that might reveal its image (version 10), installation constituées d’un rideau recouverts de sequins taillé aux dimensions de la pièce, sont empreintes de lumière, de volupté et d’onirisme.