ART | EXPO

Champignon pour pieds de meubles

26 Juin - 05 Sep 2010
Vernissage le 25 Juin 2010

Michel Blazy s’empare du vivant qu’il expérimente et qu’il «met en oeuvre». Ses productions ont une durée de vie éphémère dont il ne subsiste que les instructions et recettes nécessaires pour celui qui souhaite les réaliser à nouveau.

Michel Blazy
Champignon pour pieds de meubles

L’inscription de l’oeuvre dans le cycle de la vie (naissance, croissance puis décomposition) –propre au travail de Michel Blazy– met le spectateur face à son propre temps de vie: pour une fois, l’oeuvre ne lui survivra pas. Ici, ce qui prime n’est pas l’attente de la disparition mais le développement esthétique inespéré, autonome, de cette fin de vie, né d’une intervention minimum de l’artiste.

L’exposition se déroule en deux temps, avec une première phase de mise en route du processus de production. Deux installations sont présentées dans les Conteneurs: Champignon pour pieds de meubles dans laquelle les meubles d’un salon sont prisonniers d’un tapis, champignon vivant de 6 m2. Le temps se transforme en matière palpable dont aucune forme spécifique ne ressort, une sorte de placenta qui grossit de plus en plus.

Dans Peintures sauvages, on peut voir à travers les cloisons vitrées des souris qui se nourrissent de peintures constituées de matières alimentaires posées à même le sol. Le contrôle, la maîtrise du geste pictural est alors remplacée par un grignotage aléatoire des rongeurs.

Dans un deuxième temps, les locaux du Frac accueillent l’installation Champignon pour pieds de meubles arrivée à maturité. Les tableaux grignotés par les souris trouvent leur place sur les murs du Frac et une vidéo, Le Piège, est présentée en écho à Peintures sauvages et donne à voir un piège qui se referme sur une souris sauvage.

Le Frac accueillera également un projet en cours d’élaboration, dans le laboratoire artistique de Michel Blazy le temps est en train de faire oeuvre. Chacune des deux expositions répond à l’autre. Une boucle dans laquelle la préparation se confond avec le résultat. De l’atelier au lieu d’exposition.