DANSE | EVENEMENT

Festival d’Avignon | Sujets à Vif

07 Juil - 24 Juil 2018

Il y a les catégories du spectacle vivant, et tout ce qui excède les étiquettes. Lieu d'excellence, le Festival d'Avignon est aussi un lieu de création, production et diffusion d'indiscipline. Avec, notamment, le cycle des "Sujets à Vif". Performance, danse, cabaret... Focus sur les inclassables.

Si le Festival d’Avignon est avant tout un festival de théâtre, à l’heure de l’interdisciplinarité, des chevauchements s’opèrent. Du côté de la danse et de la performance, notamment. Mais il reste également de la place pour l’indiscipline. Depuis plus de vingt ans, le Festival d’Avignon et la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) passent ainsi commande de créations auprès d’artistes du spectacle vivant. Cette année encore, le cycle « Sujets à Vif » revient avec huit œuvres. Et ce, au fil de quatre double programmes (A, B, C, D). Chaque création (hormis un) étant une double articulation, une composition à deux artistes. À noter également, en marge de ces « Sujets à Vif », un autre inclassable indiscipliné spécialement conçu pour Avignon 2018 : La Nuit sans retour de Monsieur K (alias Jérôme Marin). Un cabaret festif mêlant travestissement, musique, danse… Pour un tour de piste et de chant en talons aiguilles et paillettes.

« Sujets à Vif » 2018 : La Rose en céramique, L’invocation à la muse, 4, Toc toc en toc

Cette année, le programme A propose La Rose en céramique du metteur en scène-acteur Scali Delpeyrat, et du chorégraphe-danseur Alexander Vantournhout. Une pièce où deux hommes dialoguent, l’un par les mots, l’autre par les mouvements. La seconde partie du programme, L’invocation à la muse, prend quant à elle les traits d’une performance incantatoire portée par Caritia Abell et Vanasay Khamphommala. Artiste queer, Caritia Abell compose des rituels mêlant chamanisme et érotisme. Là où Vanasay Khamphommala se démultiplie entre acteur et chanteuse. Le programme B débute par un trio, 4, des artistes plasticiens-performeurs Mathieu Delangle et Nathalie Maufroy, ainsi que du chorégraphe Claudio Stellato. Pour un atelier de bricolage chorégraphique et chorégraphié. Tandis que Toc toc en toc fera naître rire et poésie par les mots et gestes. Via un duo réunissant Emma La Clown (Meriem Menant) et la compositrice radiophonique, connue des auditeurs de France Culture, Sophie Bissantz.

Indisciplinarité : Georges, Le bruit de l’herbe qui pousse, Fenanoq, Long Time No See!

Le programme C inclut Georges, de la chorégraphe Mylène Benoit et de la marionnettiste Julika Mayer. Une pièce laissant la part belle à Georges, un personnage à animer. Tandis que la pièce Le bruit de l’herbe qui pousse, du compositeur Thierry Balasse et de l’acteur Pierre Mifsud, propose une échappée spatio-temporelle, dans… le présent. Un espace-temps difficile à atteindre, tant il peut être embroussaillé, aussi bien par le passé que les futurs (im)possibles. Quant au programme D, Pierre Fourny et Cécile Proust le transformeront en Fenanoq. Une pièce associant un metteur en scène et une chorégraphe-danseuse, pour un moment de graphie, aux boucles atypiques. Enfin, Long Time No See! De la danseuse-performeuse Jenna Jalonen (Triplejay) et de la chorégraphe-danseuse Beatrix Simkó, se fera sous la forme d’un partage culturel entre deux trajectoires européennes. Autant de « Sujets à Vif », à déguster en Avignon.