ART | EXPO

Envers et contre tout

06 Sep - 29 Sep 2018
Vernissage le 06 Sep 2018

L’exposition « Envers et contre tout » à la galerie niçoise Depardieu présente des sculptures et installations de Cécile Andrieu qui transforment les mots en objets plastiques. Entre disparition et résistance, le langage affirme à travers ces œuvres son lien indéfectible avec l’humain.

L’exposition « Envers et contre tout » à la galerie Depardieu, à Nice, rassemble des sculptures et installations de Cécile Andrieu à travers lesquelles la plasticienne poursuit son exploration de la relation que nous entretenons avec les mots.

« Envers et contre tout » : Cécile Andrieu explore notre rapport aux mots

Les œuvres de Cécile Andrieu forment un corpus d’une grande cohérence qu’elle développe depuis trente ans autour de la question du langage. Sculptures et installations matérialisent et réifient les mots, les lettres pour mieux s’interroger sur le rapport homme – mot, sur la façon dont ce rapport conditionne notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde.

Parce que l’humain est indéfectiblement lié au langage, plusieurs réalisations récentes de Cécile Andrieu mettent en garde contre la menace que fait peser sur ce dernier la simplification numérique. Les mots apparaissent comme vidés de leur sens, devenus des éléments inertes, illisibles, comme décomposés. Ainsi la pièce intitulée Pausare réduit-elle des récits en de fines bandes de papier garnissant un tube en bambou, tel un oreiller rigide.

Dans les installations Abîme # 1-2-3, cette même paille de papier remplit des sacs à détritus tel un compost infertile, tandis que les Pierres de silence imitent les pierres du jeu de go et celles posées au Japon dans des jardins ou cours d’eau à partir d’un agglomérat de mots tirés de dictionnaires de différentes langues, dont les pages ont été hachées pour les rendre illisibles.

Les installations de Cécile Andrieu matérialisent le langage, entre disparition et résistance

En même temps qu’elles symbolisent la disparition du langage et un monde déserté par le sens, le dire, et la chaleur vivante qui y est rattachée, les installations de Cécile Andrieu semblent suggérer une certaine résistance des mots. La dimension physique et sensible du langage se lit dans la façon dont, même éprouvé, violenté, déchiqueté, réduit en poussière de lettres, il continue de s’incruster dans l’environnement, se fondant dans les objets et la matière.

Une longue table noire longue intitulée Immolation présente un plateau couvert de caractères d’imprimerie qui ont été martelés jusqu’à être aplatis et s’enfoncer dans la masse ; sous le titre Silent Point, une large vasque remplie de chaux est parsemée de pages déchirées qui semblent s’y dissoudre.