ART | EXPO

Catharsis

28 Jan - 25 Fév 2017
Vernissage le 28 Jan 2017

L’exposition « Catharsis » à la galerie parisienne christian berst art brut présente une cinquantaine de dessins de Marilena Pelosi. Les œuvres de l’artiste autodidacte d’origine brésilienne forment un univers sombre et cruel qui s’affirme comme une catharsis.

L’exposition «Catharsis» à la galerie Christian Berst-Art brut, à Paris, dévoile plus de cinquante dessins de Marilena Pelosi, réalisés au cours des dix dernières années. Des œuvres sombres et complexes qui reflètent un univers mental teinté de folie et de souffrance mais aussi de résilience.

Les dessins de Marilena Pelosi conjuguent cruauté et religion

Les dessins de Marilena Pelosi, artiste autodidacte d’origine brésilienne sont réalisés au stylo bille, au crayon de couleur, au graphite, au feutre ou au crayon de bois, sur papier ou sur calque. Le plus souvent, ils sont monochromes et se limitent aux contours des motifs en n’encrant que certaines zones encrées. Quelques œuvres cependant se singularisent par leur foisonnement de couleurs éclatantes.

Toutes les œuvres de Marilena Pelosi mettent en scène des personnages, majoritairement féminins, dans des situations cruelles. La nudité, les parties génitales déformées ou disproportionnées, les actes de torture, perversions et blessures hantent ses dessins. Parmi ces figures suppliciées se distingue aussi des personnages à connotation religieuse : ici une femme dont la tête est entourée d’une auréole, là une autre femme dont les cheveux ont l’aspect d’un voile catholique ou encore un personnage ailé semblable à un ange en colère. Ailleurs, on relève d’autres signes ecclésiastiques non définis. Des évocations de processions chrétiennes se mêlent à celles de transes vaudous, de sacrifices humains, de carnavals enfiévrés.

Une œuvre en forme de catharsis

Ces thèmes quasi obsessionnels sont le fruit artistique d’une existence malmenée. Son enfance recluse et solitaire dans un environnement très religieux (catholique puis vaudou, après la conversion de ses parents) est marquée par un comportement quasi autistique. C’est pendant sa convalescence, après une grave maladie contractée à l’âge de seize ans, que Marilena Pelosi commence à dessiner. La menace d’un mariage forcé avec un prêtre vaudou la contraint ensuite à fuir le Brésil pour toujours. S’ensuit une période d’errance à travers le monde au terme de laquelle elle s’installe en France.

La cruauté et la souffrance qui traverse l’œuvre de Marilena Pelosi sont transcendées par d’autres éléments récurrents comme les fluides jaillissant de toute part (larmes, sang, eau s’écoulant de douches et de tuyaux…), des flammes s’échappant des bouches ou des haricots géants évoquant des ovaires. Autant de symboles d’une énergie exubérante, de désir et de vie. Les dessins de Marilena Pelosi forment un théâtre où la représentation de la barbarie est un passage obligé vers la résilience, une catharsis.