ART | EXPO

Pendant que les champs brûlent

09 Mar - 25 Mar 2018
Vernissage le 09 Mar 2018

L’exposition « Pendant que les champs brûlent » à Plateforme, à Paris, mêle les peintures de Camille Beauplan et Simon Rayssac et les œuvres entre photographie, vidéo et édition du duo d’artistes Demi Tour de France, liés par un même intérêt pour les entre-deux, les temps suspendus et les paysages en mutation.

L’exposition « Pendant que les champs brûlent » à Plateforme, à Paris, réunit les peintures et les photographies de Camille Beauplan, Simon Rayssac et du duo d’artistes Demi Tour de France autour de la notion d’entre-deux, de temps suspendus…

« Pendant que les champs brûlent » : une exploration des entre-deux

« Pendant que les champs brûlent » représente le moment où les cultures ou les herbes incendiées laissent peu à peu place nette pour permettre de nouvelles plantations et à la terre de renaître de ses cendres. L’exposition a pour sujet central cet instant particulier où l’on est sur le point de basculer de ce qui a été à ce qui va advenir, où les choses s’apprêtent à disparaître ou à apparaître, où se crée une tension entre passé et futur…

L’exposition explore ce thème à travers les œuvres de Camille Beauplan, Simon Rayssac et du duo d’artistes Demi Tour de France, composé de Marie Bouthier et d’Anouck Lemarquis. Des œuvres qui ont en commun une forme d’ironie, malgré des choix divergents comme l’abstraction chez Simon Rayssac et le réalisme chez Camille Beauplan.

La peinture abstraite de Simon Rayssac répond aux scènes faussement réalistes de Camille Beauplan

La peinture de Simon Rayssac, se fonde sur la répétition de formes simples et colorées pour retranscrire des sensations plus que des réalités objectives. Ses toiles comme Un bouquet 1 et 2, succession de bandes horizontales vertes et grises entrecoupées de frises de motifs évoquant des éléments végétaux, explorent de façon abstraite la limite ténue entre les espaces naturels et urbains.

Chez Camille Beauplan, des objets issus de la culture de masse, des lieux traversés ou des scènes particulières et absurdes dont elle a été témoin, sont détournés pour être intégrés dans des compositions picturales empruntant leur esthétique à la culture pop, aux films de science-fiction ou à l’abstraction hard edge de l’art minimal et de l’architecture moderniste. Ainsi, le tableau intitulé Magasin de souvenir à Biloxi, Mississipi montre un bâtiment moderne peint en rose et bleu vifs dont l’entrée est une gueule de requin ; celui intitulé Le lac de Castelgaillard à vendre en automne fait émerger un toboggan aquatique d’un paysage sombre réduit à des traits sommaires. Entre réel et virtuel, ces visions font surgir l’étrange au sein d’un quotidien banal et alimentent une critique de la société contemporaine.

A travers la photographie, la vidéo et l’édition, le duo Demi Tour de France nous entraîne à sa suite dans un voyage en voiture à travers les paysages français au cours duquel Marie Bouthier et Anouck Lemarquis photographient les aspérités des territoires et posent sur eux un regard romantique tout en étudiant la façon de mettre en forme l’altérité visuelle, l’entre-paysage.