DANSE | SPECTACLE

Extrapole | Pas seulement

12 Mai - 12 Mai 2018

Dans le cadre d'Extrapole et de la Fête du parc Schulmeister, le chorégraphe Amala Dianor présente Pas seulement. Pièce pour quatre danseurs, Pas seulement s'installe dans le parc de la Meinau. Pour un moment de chorégraphie urbaine située, en marge des attendus.

Après plus de deux décennies, le festival strasbourgeois de danse et performance, Nouvelles, a fait peau neuve. Dorénavant, le Centre de Développement Chorégraphique National de Strasbourg, Pôle-Sud, organise deux événements. D’une part le festival de danse contemporaine Extradanse, se déroulant sur scène. Et l’événement Extrapole, d’autre part. La particularité d’Extrapole étant d’aller fureter hors les murs, pour proposer une danse en espace urbain. Chorégraphe associé à Pôle-Sud CDCN, Amala Dianor prend en main l’édition 2018 d’Extrapole. Proposant ainsi deux temps forts : Pas seulement (le 12 mai) et Trajets Phéno-Meinau – projet participatif, les 9 et 10 juin. Deux projets ancrés dans le quartier de la Meinau ; quartier qui aura reçu, en 2013, son titre de Zone de Sécurité Prioritaire. Soit un secteur populaire, en tension, avec lequel Amala Dianor tisse des liens chorégraphiques. Avec Pas seulement, la danse s’installe ainsi dans le Parc Schulmeister.

Pas seulement d’Amala Dianor : la danse s’installe au Parc de la Meinau

La pièce chorégraphique Pas seulement correspond à l’aboutissement d’un temps de travail entre le chorégraphe Amala Dianor et quatre danseurs de la région — Marino Vanna, Lory Laurac, Joël Brown, Alexandre Mellado. Comme un voyage collectif, visant à s’éloigner des attendus. En marge de la danse hip-hop et du voguing, les cinq artistes ont choisi de s’aventurer sur des terrains moins connus. Pour créer de la déviation. Chorégraphe attentif à aller au cœur des choses pour mettre au jour ce qui touche, Amala Dianor plonge ainsi dans cette zone frontalière. Un entre-deux qui résonne avec la recherche d’une singularité. Zone limitrophe, car Strasbourg existe entre la France et l’Allemagne. Meinau, entre l’espace légitime et le lieu de l’illégalité. Extrapole, entre la danse institutionnelle et la performance urbaine. Et dans cet espace d’altérité, Pas seulement déplace les préjugés d’une part, et les spectateurs de l’autre.

Spectacle en accès libre, pour Extrapole et la Fête du Parc Schulmeister

Artiste associé à Pôle-Sud – CDCN depuis septembre 2016, Amala Dianor ne cesse de créer sa propre écriture chorégraphique. À l’instar de son spectacle Quelque part au milieu de l’infini. Habité par une multitude de pratiques (street dance, contemporain, africain…), il tire de ces influences une danse aussi personnelle que globale. Pour ne garder que l’essentiel, le rythme. Invitation à se déplacer, Pas seulement fonctionne ainsi comme une invitation. Pour partager un moment de présent, de présence, avec son corps, dans un espace public. Titre en négatif, Pas seulement n’oblitère ni ne nie la réputation du lieu choisi : le parc de la Meinau. Mais quel est cet évident qui n’a pas même besoin d’être nommé pour exister ? Pas seulement quoi ? Pas seulement le fantasme d’un quartier au bord de la guerre civile ? Mais aussi un lieu de vie, avec des arbres, des habitants ordinaires et de la danse contemporaine, peut-être.