Jannis Kounellis

Jannis Kounellis

Jannis KOUNELLIS — né le 23 mars 1936 au Pirée (Grèce) ; décédé le 16 février 2017 à Rome (Italie).

Jannis Kounellis est un peintre et sculpteur grec affilié à l’Arte Povera. Un courant artistique faisant usage de matériaux simples, avec des mises en forme simples. Charbon, pierres et pavés, acier, toile de jute, fer, corde et ficelle… Au fil de son œuvre, Jannis Kounellis n’aura cessé d’incorporer des éléments et objets trouvés, produisant des agencements puissamment structurés. Peinture, sculpture, installation, performance… Le travail de Jannis Kounellis embrasse la spatialisation et le vivant, même si c’est avant tout en termes de peinture qu’il aura défini sa production. Actuellement, le travail de Jannis Kounellis est représenté par la Galerie Almine Rech (Paris, Bruxelles, Londres, New York), la Galerie Lelong & Co (Paris, New York), Cheim & Read (New York), notamment.

Jannis Kounellis : une peinture sobre, du Minimalisme graphique à l’Arte Povera

Jannis Kounellis a grandi en Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre civile grecque. Après avoir intégré l’École des Beaux-Arts d’Athènes, il s’installe en 1956 à Rome pour étudier à l’Accademia di San Luca. À ses débuts, il pratique une peinture aux formes graphiques et épurées, tel Untitled (1960), composée de signes algébriques noirs, sur fond blanc. En 1960, sa première exposition individuelle se déroule à la Galleria La Tartaruga (Rome). Galerie dans laquelle il participe, en 1961, à l’exposition collective « Kounellis, Rauschenberg, Schifano, Tinguely, Twombly ». Au fil des années 1960, il incorpore des objets trouvés dans ses toiles (terre, jute…). En 1967, il participe à l’exposition « Arte Povera » organisée par Germano Celant à la Galleria La Bertesca (Gènes), aux côtés d’Alighiero Boetti, Luciano Fabro, Giulio Paolini, Pino Pascali et Emilio Prini. Il y montre Untitled (1967), une structure de fer et de charbon.

Charbon, acier, pavé, toile de jute, ficelle… L’adjonction d’objets dans l’espace de la toile

En 1969, pour son exposition à la Galleria L’Attico (Rome), Jannis Kounellis présente Douze chevaux vivants. Transformant ainsi la galerie en écurie. La même année, il participe à l’exposition « Quand les attitudes deviennent forme », organisée par Harald Szeemann à la Kunsthalle de Berne. En 1972, il participe à la Biennale de Venise (où il exposera de nouveau en 1974, 1976, 1978, 1980, 1984, 1988, 1993, 2015). Ainsi qu’à sa première Documenta de Cassel (où il exposera également en 1977 et 1982). Au fil de centaines d’expositions, Jannis Kounellis a développé des peintures (mais aussi sculptures et performances) mêlant matériaux sobres (bois, laine, fer, toile de jute, ficelle, charbon…) et formes simples (tas, encerclements, juxtapositions orthogonales…). La récurrence du charbon et de l’acier donnant à ses œuvres des accents de révolution industrielle. En 2014, Le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne, ville minière, lui aura d’ailleurs consacré une grande exposition.