Ghada Amer

Ghada Amer

Ghada AMER — née le 22 mai 1963 au Caire (Égypte). Vit et travaille à Paris (France) et New York (USA).

Ghada Amer est une artiste contemporaine égyptienne dont la pratique artistique englobe tissage, peinture et dessin, notamment. Depuis plus de deux décennies, Ghada Amer crée des broderies érotiques, mettant en exergue le corps et le désir féminins. S’opposant à la culture féministe unisexe, elle revendique un féminisme féminin, empreint de sensualité. Conjuguant acrylique et broderie sur toile, ses peintures multicolores débordent en coulures, coutures et fils. Se basant sur des images pornographiques pour travailler, elle les détourne pour n’en conserver que les contours, qu’elle brode. En 1999, sa participation à la Biennale de Venise est distinguée par le prix UNESCO. Actuellement, le travail de Ghada Amer est représenté par la Cheim & Read Gallery (New York) et la Kukje Gallery (Séoul), notamment.

Ghada Amer : peinture, dessin et broderie, des clichés féminins à la réappropriation de l’érotisme

En 1974, Ghada Amer et sa famille s’installent en France. De 1984 à 1989, Ghada Amer étudie l’art à la Villa Arson. Avec une année d’étude à la School of the Museum of Fine Arts de Boston (1986). Elle intègre ensuite l’Institut des Hautes Études en Arts Plastiques de Paris (1989-1991). L’une de ses premières expositions personnelles est organisée par Barbara Fässler, à la Projekt Raum de Zurich, en 1992. La femme qui repasse (1992), Cendrillon (1992)… Ses peintures s’approprient les clichés associés au féminin. À l’aide d’un point de broderie rudimentaire, en pointillés. Avec Conseil de beauté du mois d’Août (1993), elle brode des conseils adressés aux femmes, sur des mouchoirs. Les fils flottants (comme des fils de la vierge), apparaissent dans son œuvre. Tout comme, progressivement, l’imagerie pornographique. À l’instar des dessins (acrylique et broderie sur papier) Colored Woman with Gridded Drips (1999) ou Deux Bustes (1999).

Céramiques, sculptures, installations, jardins : du dionysiaque et de l’aphrodisiaque dans l’art

Développant une pratique incluant également céramiques, sculptures, installations, jardins… Aux puritanismes occidentaux et orientaux (notamment), Ghada Amer oppose un art aphrodisiaque et dionysiaque. Elle affirme : « I believe that all women should like their bodies and use them as tools of seduction » [Je crois que toutes les femmes devraient aimer leur corps et l’utiliser comme outil de séduction]. Navigant ainsi à contre-courant, dans le dédale des polémiques actuellement associées aux corps des femmes. Sans autre revendication que celle du plaisir de la contemplation, le travail de Ghada Amer fait l’objet de nombreuses expositions personnelles dans le monde entier. À Paris, New York, Munich, Le Caire, Madrid, Milwaukee, Berlin, Chicago, Umeå, Genève, San Francisco, Amsterdam, Rome, Singapore, Johannesburg, Montréal, Séoul, Dubaï…