Anselm Kiefer

Anselm Kiefer

Anselm KIEFER — né le 8 mars 1945 à Donaueschingen (Allemagne). Vit et travaille à Paris (France).

Anselm Kiefer est un artiste contemporain allemand. Son travail de la matière se déploie sous forme d’installations, de sculptures et de peintures. Attaché à la matérialité, à la graphie, aux strates mémorielles, le travail d’Anselm Kiefer sculpte les lieux dans lesquels il s’installe. Massives sans être monumentales, ses œuvres documentent les cicatrices de la mémoire. Celle du nazisme en particulier ; celle de l’Histoire en général. Les œuvres d’Anselm Kiefer s’inscrivent dans le travail mémoriel collectif effectué par l’Allemagne, d’abord divisée puis réunifiée. Le poids écrasant des pièces de Kiefer, à force de strates et d’empilements, endosse ici un rôle libérateur.

Anselm Kiefer : matière et mémoires, de cendres et de plomb, en peintures, sculptures et installations

L’une des premières œuvres d’Anselm Kiefer consiste en une série de photos en noir et blanc. Besetzungen [Occupations] (1969) le montre dans différentes villes européennes, faisant le salut nazi. Le père d’Anselm Kiefer était officier de la Wehrmacht : l’histoire sera le matériau. Sa peinture se caractérise ainsi par ses épaisseurs. Le bois, l’acrylique, l’huile, le vernis, le plomb, les mots, le fils barbelé, les cendres… Autant de couches qui s’amoncellent, griffent, gravent les toiles. Les formats sont gigantesques. Et paradoxalement, c’est une certaine douceur qui finit néanmoins par émaner des œuvres. L’écriture, la graphie harmonieuse d’Anselm Kiefer, s’invite régulièrement comme composante visuelle dans ses travaux. Les boucles et déliés des inscriptions manuelles confèrent de l’humanité à des matériaux dégageant de la violence.

Installations : la pondération des souvenirs et leur distribution

Les installations d’Anselm Kiefer conjuguent les matériaux divers. Bibliothèques de livres de plomb ; tiges de fleurs de tournesols ; pellicules de films… Avec Rabbi Löw: der Golem (2012), les ambitions humaines se métamorphosent en une sculpture étrange et tentaculaire. La fragilité et l’obsolescence (du film argentique, des grands tournesols secs) viennent désamorcer le monstrueux du mythe. Rabbi Löw: der Golem se compose de grandes tiges de fleurs de tournesol, disposées en un bouquet géant, à partir duquel rayonnent des bobines de films, déroulées tout ou partie au sol, alentour. La mémoire ici se dévide, comme autant de bobines Fort-Da. Connue du monde entier, son œuvre incarne le travail de mémoire allemand face à la Shoah. Anselm Kiefer a notamment participé aux Documenta 6, 7 et 8, ainsi qu’à la Biennale de Venise de 1980 (pavillon allemand).